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Burdigala (Musée d'Aquitaine)

Présentation

Préhistoire

L'or - la monnaie

Le bronze

Le bois

La céramique

Le verre

La pierre : les stèles

La pierre : statues et autels

Les mosaïques

  LA PIERRE. Page 2/2 : statues et autels. Un mot mal connu? Double cliquez pour ouvrir le dictionnaire.

Cette superbe statue tricéphale (trois têtes) est directement en rapport avec le culte indigène des Gaulois avant la conquête. Le torque que porte le dieu au cou est tout à fait semblable à celui de Tayac et montre qu'il s'agit d'un dieu, ici assimilé à Cernunnos.
Provenance : Condat-sur-Trincou, en Dordogne, IIème siècle ap JC.

Cette statue relève également du culte primitif gaulois, elle fait penser au Jupiter à l'anguipède d'Argentomagus.

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Statue féminine, en marbre des Pyrénées (début Ier s ap JC)

Cette femme est élégamment drapée dans son manteau (palla), d'où dépassent les plis serrés de sa tunique et le bout de son pied chaussé. L'attitude ce cette femme évoque le geste funèbre de la femme voilée (le vêtement couvrait la tête en signe de deuil).
Malgré l'absence de la tête, cette statue est un véritable chef-d'oeuvre : le manteau qui épouse le modelé du corps fait un contraste de lumière saisissant avec les petits plis serrés du bas de la tunique.

Statue de Diane en marbre blanc (provenance : St Georges-de-Montagne, villa du Petit-Corbin)

La déesse est représentée selon l'archétype de l'Artémise grecque. Elle tient son arc de la main gauche tandis qu'elle sort une flèche (disparue) du carquois avec la main droite. Le mouvement est particulièrement bien rendu à l'aide des plis du chiton et l'attitude de la déesse penchée en appui sur sa jambe droite, genou légèrement fléchi. Au pied de la déesse, une biche est couchée, la tête dressée. En arrière plan, un arbre termine la composition très soignée.

Belle tête en marbre de jeune fille


La reproduction dessinée d'un autel taurobolique trouvé à Lyon montre une grande similitude avec celui de Burdigala

Le culte de Cybèle.
Comme partout dans le monde romain, les cultes
orientaux sont présents à Burdigala. Ci-contre, autel représentant une tête de taureau sacrifié sur sa face principale avec l'inscription "Sulpicia Alba, fille de Sulpicius Tertius qui en (l'honneur de ? a accompli) le taurobole" et le couteau du sacrifice sur une face latérale.
     La déesse phrygienne Cybèle, la "Mère des Dieux", eut un succès assez considérable dans les villes de Gaule, elle eut ses autels et ses prêtres et le culte qu'on lui rendait avait souvent un caractère officiel : on l'adorait au nom des cités et même des provinces, les confréries de ses prêtres, dirigées par un "archigallus", étaient officiellement reconnues.

Extrait de "Gaulois et Romains en Aquitaine" Anne Ziegle - Julia Roussot-Larroque (ouvrage remarquable, en vente à la librairie du musée d'Aquitaine à Bordeaux)

Le culte de Cybèle tire ses origines de Phrygie, en Asie Mineure (l'actuelle Turquie), d'où elle fut importée vraisemblablement par les marchands et les soldats des limes orientaux (frontières). Selon la légende, Cybèle, Grande Mère des dieux qui incarne les forces naturelles, est associée à Attis, berger rendu fou par la déesse, qui s'émascula, en mourut, et fut transformé en pin. Chaque année, au printemps, Attis ressuscite, symbole de la renaissance dans l'au-delà. C'est pourquoi le culte rendu à Cybèle comprend le rite du transport par les dendrophores du pin sacré qui le symbolise. Par ailleurs, nous connaissons du rite de purification pratiqué par les initiés et le clergé (le taurobole ou sacrifice du taureau) une description extrêmement précise grâce à Prudence, poète chrétien du Ve siècle ap JC qui s'opposa à la pratique de cette religion : "On creuse une fosse dans la terre, et le grand prêtre s'enfonce dans ses profondeurs pour y recevoir cette consécration. Sa tête porte des rubans merveilleux ; à ses tempes sont nouées des bandelettes de fête, une couronne d'or retient ses cheveux (...). Avec des planches disposées au-dessus de la fosse, on aménage une plate-forme à claire-voie, (...). Puis on pratique des fentes ou des trous dans ce plancher, on perfore le bois de petites ouvertures. C'est là qu'on amène un taureau énorme, au front farouche et hérissé; une guirlande de fleurs forme un lien autour de ses épaules ou de ses cornes enchaînées; de l'or brille sur le front de la victime; son poil est recouvert de l'éclat d'un placage doré. C'est là qu'on place l'animal à immoler; puis on lui déchire la poitrine à coups d'épieu sacré. La vaste blessure vomit un flot de sang brûlant; sur les planches assemblées du pont où gît le taureau, elle déverse un torrent chaud et se répand en bouillonnant. Alors, à travers les mille fentes du bois, la rosée sanglante coule dans la fosse; le prêtre enfermé dans la fosse la reçoit; il présente la tête à toutes les gouttes qui tombent ; il y expose ses vêtements et tout son corps, qu'elles souillent (...). Une fois que les flamines ont retiré du plancher le cadavre exsangue et rigide, le pontife sort et s'avance, horrible à voir; il étale aux regards sa tête humide, sa barbe alourdie, ses bandelettes mouillées, ses habits saturés... (Livre des couronnes, X, 1016-1050)".
     Ceci explique la présence sur les deux autels retrouvés à Bordeaux, des têtes des taureaux sacrifiés et du bélier. L'un d'eux comporte en outre sur une des faces latérales le bonnet phrygien, accessoire du culte oriental par excellence.
L'autre culte initiatique oriental, le mithriacisme, ou culte du dieu Mithra, est également depuis peu exceptionnellement bien représenté à Bordeaux.
Le culte de Mithra
 Culte à mystères, le mithriacisme, hérité de la tradition orientale, tend vers le monothéisme. Il comprend des rites d'initiation qui permettent aux fidèles d'être en communion avec la divinité et d'accéder à l'immortalité bienheureuse. Ce culte, strictement réservé aux hommes, célèbre la lumière et la force. Il inclut des notions telles que la fraternité et l'égalité dans le culte, la loyauté envers la hiérarchie des sept degrés d'initiation. Il prône la recherche et la défense du bien dans l'action. Ce qui explique sans conteste sa popularité dans les milieux militaires qui s'étendra rapidement aux milieux corporatistes puis séduira toutes les classes sociales.
Il fait son apparition en Gaule Cisalpine dans la seconde moitié du Ier siècle ap JC, pour être désavoué à la fin du IVème siècle ap JC, après la condamnation du paganisme par l'empereur Théodose en 392.

 
Autel de Mithra léontocéphale

Un mithraeum (sanctuaire consacré à Mithra) a été exhumé à Bordeaux en 1986, il s'agit du plus grand découvert en France  (180 m2). La salle du culte était enterrée pour évoquer la grotte où le dieu avait sacrifié, selon la légende, le taureau. Dans cette salle, se trouvaient, entre autres, la statue de la naissance du dieu et un autel figurant Mithra sous la forme du léontocéphale. Le dieu est représenté avec la tête et les pieds du lion. Deux serpents, avec des têtes pourvues d'une crête de coq et d'une gueule de lion ouverte, enlacent ses jambes. Il est vêtu d'un pagne et tient à la main une clé qui ouvre les portes correspondant aux sept degrés d'initiation. L'autre main devait tenir le couteau du sacrifice.
Voir la reconstitution du mithraeum


Autel à la Tutelle, face au sanglier.

Autel à la tutelle de Bordeaux, grès, 237 ap JC.
Marcus, Aureluis Lunaris, sevir augustal (l'un des six prêtres représentant le culte impérial) a fait ériger cet autel à la Tutelle de Bordeaux (la divinité protectrice de la ville) en reconnaissance du voyage qu'il a effectué, sain et sauf, de York, en Grande-Bretagne, à Bordeaux. Au-dessus de l'inscription figure la déesse Cybèle, avec le taureau à sa droite et le prêtre à sa gauche qui accomplit le sacrifice. La face gauche représente le dieu-fleuve (la Garonne) et la face droite le sanglier de la colonie romaine d'York. Une route commerciale existait donc entre Bordeaux et la Grande-Bretagne, au IIIème siècle ap JC.
  LA PIERRE. Page 2/2 : statues et autels.

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