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LUGDUNUM (Lyon) - 1 page  
Plan de la page :
La fondation  La fonction politique et administrative  La fonction militaire  La fonction économique  Les monuments  La fonction religieuse 
    Après la conquête de J. César, Auguste redécoupe la Gaule en 4 provinces :
- Trois provinces impériales : Lyonnaise, Aquitaine et Belgique (les Trois Gaules).
- La Narbonnaise demeure province sénatoriale (administrée par le Sénat).
     Puis, en regroupant des petites cités à des plus grandes, Auguste forme les 60 nations des Trois Gaules : 25 dans la Lyonnaise, 18 dans la Belgique, 17 pour l'Aquitaine.
Lugdunum (Lyon), aux frontières des quatre provinces, est fondée et va devenir la capitale des Trois Gaules (
voir la carte)
La fondation
     Lugdunum, aujourd'hui la ville de Lyon, est fondée en 43 av JC. Après l'assassinat de César, les généraux de son armée entrent en rébellion contre le Sénat. Ce dernier, pour occuper les généraux Plancus et Lépide qui commandent en Gaule, leur demande de fonder une colonie sur la colline dominant le confluent du Rhône et de la Saône, il s'agit aussi d'abriter
les citoyens romains chassés de Vienne par les Allobroges et de mettre une garnison de légionnaires pour surveiller les Gaules. Les habitants des colonies romaines sont des citoyens romains : commerçants, soldats, bateliers organisés en corporations...
Selon l'usage, la ville est bâtie sur le plan du camp de légionnaires, en damier, les deux voies principales se coupent à angle droit : le
decumanus est tracé dans l'axe du soleil levant (est-ouest) le jour de la fondation et le cardo prend la direction nord-sud.
     L'appellation de "Lugdunum" dérive des mots "lukos" (corbeau) et "dunum" (colline). Ainsi on voit sur des monnaies de Lugdunum, l'image du Génie municipal debout et nu près d'un monticule portant un corbeau. Mais le corbeau est aussi l'animal associé au dieu LUG. La "colline du corbeau" est donc en réalité celle du soleil levant personnalisé par le dieu celtique Lug. Cette colline est la colline de Fourvière ("vieux forum" en latin), en face, se trouve le village gaulois de Condate ("confluent" en latin).
La fonction politique et administrative
     Au Ier siècle ap JC, Lugdunum devient la capitale des Trois Gaules. Le gouverneur des Trois Provinces y réside, le plus illustre sera, en 187-188, Septime Sévère futur Empereur. Une administration importante est attachée au service du gouverneur, elle se compose notamment des services fiscaux (vingtième de l'affranchissement, vingtième des successions, quarantième des Gaules, impôts indirects frappant les marchandises aux frontières...) et autres services (les postes, l'annone, la monnaie...). Cette administration emploie de nombreux esclaves impériaux.
     La ville elle-même est administrée à l'image de Rome, deux questeurs se chargent des finances, deux édiles de la police et de la voirie, deux duumvirs de la justice.


Maquette de Lugdunum à son apogée (IIème moitié du IIème siècle ap JC). Musée de Lyon


La table claudienne

     De nombreux Empereurs romains ont séjourné à Lugdunum, mais c'est Claude (né à Lugdunum en 10 av JC) qui a laissé aux Gaulois le meilleur souvenir en accordant aux chefs des nations gauloises, en 48, l'éligibilité aux magistratures romaines, Sénat compris. Pour le remercier, les Gaulois décidèrent de graver son discours, prononcé au Sénat romain, en tant que censeur, sur des tables de bronze (2,50 m X 1,93 m) : "la table Claudienne". La partie inférieure (en deux morceaux) de ces tables de bronze fut découverte en 1528 par un drapier, dans sa vigne située sur l'emplacement du sanctuaire fédéral des Trois Gaules où elles étaient exposées sur un piédestal, une statue équestre de Claude surmontait peut-être l'ensemble. Il semble que la table claudienne ait été cassée en quatre dès l'Antiquité et les deux morceaux de la partie supérieure refondus. Nous connaissions cependant déjà la teneur du texte du discours de Claude car Tacite (55 à 120) en avait fait une transcription non fidèle (on n'y retrouve pas le langage emphatique et pompeux de Claude).
Voir le texte des premières lignes avec la traduction
La fonction militaire


Militaires qui fondent Lugdunum
Relief de Glanum

    La ville de Lugdunum est fondée par des militaires, dans un but militaire : contrôler et surveiller les Gaules nouvellement conquises, 1200 légionnaires y stationnent en permanence, ils assurent la sécurité du pays, protègent le gouverneur et l'hôtel de la Monnaie (on y frappe les monnaies d'or et d'argent).   
     Quatre grandes voies militaires (celles d'Agrippa) partent de Lugdunum et permettent aux légions d'intervenir rapidement dans tout l'espace conquis :
- la voie de Narbonnaise par Vienne, Narbonne et Marseille débouche sur la Méditerranée
- la voie d'Aquitaine est orientée vers la Garonne et se dédouble pour rejoindre aussi l'Atlantique en passant par Saintes
- la voie de l'Océan suit la vallée de la Saône pour atteindre Boulogne et la Manche
- la voie du Rhin passe par Besançon et atteint Strasbourg
     D'autres routes secondaires complètent ce carrefour terrestre. Toutes ces voies de communication favorisent le commerce, elles sont jalonnées de bornes milliaires.
La fonction économique
     Lugdunum n'est pas seulement un carrefour terrestre, elle est aussi un carrefour fluvial qui contrôle la navigation du confluent du Rhône et de la Saône. La ville devient ainsi un grand centre commercial grâce aux échanges qui s'effectuent, par le Rhône, entre tout le bassin méditerranéen et les Gaules, la ville compte alors 40 000 à 50 000 habitants, c'est la deuxième ville, après Rome, de l'Empire romain. Les entrepôts, où s'effectue le transbordement des blés de Gaule, de l'huile d'Espagne ou des vins italiens, sont installés sur l'
île des Canabae (terme militaire désignant les baraques dressées aux portes des camps de la légion). Sur cette île, on a retrouvé les somptueuses demeures des riches négociants, un grand nombre d'entre eux viennent d'Orient et apportent avec eux des dieux nouveaux (ex : la déesse Cybèle).
     Les mosaïques et fresques des belles demeures des riches négociants de l'île de Canabae
.


La mosaïque aux svastikas :

elle est composée de 91 décors géométriques et symétriques encadrés par une frise à rinceaux. Elle mesure 11,80 m sur 7,30 m, soit plus de 86 m2. Les motifs sont très variés pour les couleurs et les formes qui dérivent du cercle et du carré. On y retrouve le svastika qui représente ici le mouvement du soleil.



La mosaïque aux saisons :

les quatre saisons sont représentées dans un rectangle à chaque angle (il ne reste que le printemps aux cheveux bouclés et couronnés de fleurs et l'hiver, une femme avec la chevelure couverte d'un voile retenu par des roseaux). Au centre, Bacchus chevauche une panthère noire.

Le panneau central de la mosaïque représente la lutte entre Pan, dont le bras gauche est lié dans le dos, et l'Amour. Un silène, palme verte à la main, arbitre le combat. devant Hermès.

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La mosaïque des poissons

Au centre : une grande rosace, dans les angles : de grandes coquilles, sur les côtés : des gouvernails.
Sur la frise qui encadre la mosaïque 65 animaux marins s'ébattent : coquillages, poissons, dauphins, monstres marins à têtes de cheval ou de taureau et corps de serpents, canards.

Voir la mosaïque du calendrier agricole


Les jeux de la palestre

Encadrée de tresses qui se croisent, la mosaïque présente des panneaux carrés montrant les exercices au gymnase. Ici, Eros et Anteros, les deux fils d'Aphrodite, s'affrontent.

Voir la mosaïque d'Avaricum

En savoir plus sur l'art de la mosaïque
 


L'ivresse de Bacchus et son cortège : le thiase


En médaillon, Bacchus avec son thyrse et sa couronne de lierre.

Fresque

Les monuments

     Comme toutes les villes de l'Empire romain, Lugdunum veut imiter Rome : l'urbs. Il a fallu faire de gros travaux pour apporter de l'eau du Massif Central par quatre aqueducs (celui du Gier était long de 75 km) sur la colline de Fourvière et évacuer les eaux usées par des égouts.
     Ci-contre, une
fontaine
, trouvée dans la quartier de Choulans, elle est ornée d'un masque de cyclope et a été érigée pour commémorer le titre d'Imperator de l'Empereur Claude.
     Les nombreux monuments témoignent de la romanisation  : thermes, théâtre, odéon, amphithéâtre, cirque, forum, temples... et du goût pour les jeux et les spectacles.



Mosaïque représentant une course dans le cirque, Ière moitié du IIème s

Bas-relief représentant une course dans le cirque

Courses de chars dans le cirque :
     Cette belle mosaïque, découverte en 1806 dans la presqu'île, est une des rares représentations du cirque antique. Il ne reste rien aujourd'hui du cirque de Lugdunum car les gradins et les tribunes étaient en bois. Les chars tournaient autour d'un mur axial (la spina) qui est ici remplacé par des bassins remplis d'eau et ornés de dauphins et de boules qui annonçaient la fin de chaque course.         
    
Chaque course comportait sept tours de piste. Ici, on distingue huit quadriges (dont un a chuté sur la ligne de départ), ils appartiennent à quatre équipes qui se reconnaissent par des couleurs différentes.
     A chaque bout de la piste, des magistrats présidaient, assis sur une tribune.
 

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Le théâtre : Construit vers 15 av JC, c'est le premier théâtre de Gaule, agrandi à plusieurs reprises, il pouvait contenir 10 000 personnes. Les magistrats suivaient le spectacle, installés sur des sièges mobiles dans l'orchestra. Le peuple occupait les gradins. Le mur de scène a aujourd'hui disparu et il ne reste que 25 gradins.

L'odéon : Construit en 160, plus petit que le théâtre (2 500 places), il était destiné aux concours de musique, aux lectures publiques, à la poésie et à la danse. L'édifice était sans doute couvert et la deuxième volée de gradins a disparu (il ne reste que 16 gradins). En revanche, l'orchestra a gardé sa superbe mosaïque.
La fonction religieuse
- La religion gauloise traditionnelle  



     Malgré la romanisation rapide de la Gaule, les Gaulois continuent à adorer certains de leurs dieux d'avant la conquête, exemple : le dieu au maillet Sucellus (symbole de la fertilité de la nature) ou le culte des trois Matrae (Mères), symboles de la fécondité féminine.
     Ci-contre, deux reliefs représentant les
Trois Matrae.
(musée de la civilisation gallo-romaine, Lyon).


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- Le sanctuaire fédéral des Trois-Gaules (le culte de Rome et d'Auguste)

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     Les 60 nations gauloises ont érigé un sanctuaire aux divinités protectrices de l'Empire, Rome et Auguste, sur le flanc de la colline de la Croix-Rousse. Tous les ans, le 1er août (date anniversaire,de la prise d'Alexandrie par Octave et aussi fête du dieu solaire gaulois vénéré sur la colline de Fourvière), les délégués des soixante nations se rassemblent devant l'autel monumental pour témoigner leur dévotion à Rome. Les monnaies ont conservé l'image de cet autel : l'autel et son soubassement (de 50 m de long) sont en marbre, deux victoires ailées se dressent à leur côté, elles sont en bronze doré et tiennent de grandes palmes et des couronnes d'or. Elles sont posées sur des colonnes de granit terminées par des chapiteaux ioniques en porphyre. Les noms des 60 (ou 64?) peuples de Gaule sont inscrits sur cet autel et chaque nation est représentée par une statue. Les solennités religieuses consistaient en sacrifices, processions, jeux, concours d'éloquence et de poésie. Les 60 délégués formaient une assemblée de notables appelée "le conseil des Gaules" (concilium Gallarium). Ces délégués étaient choisis par le Sénat de leur ville parmi les citoyens les plus prestigieux (l'aristocratie). Mais cette assemblée n'exerçait pas seulement une fonction religieuse, elle avait aussi un rôle administratif et politique. Le conseil des Gaules communiquait avec l'Empereur directement, il lui transmettait les voeux et les plaintes des populations gauloises, il se permit même de mettre en accusation les plus hauts représentants de Rome.
- Le Culte municipal d'Auguste
     Le culte impérial de l'Empereur, différent du culte fédéral, est aussi rendu à Lugdunum. Il est exercé par six sévirs augustaux recrutés parmi les riches affranchis (fonction coûteuse) et groupés en une corporation. Ils étaient chargés, au nom de la population, d'offrir à certaines dates des victimes, de l'encens et du vin en l'honneur de la famille d'Auguste.
- Les cultes orientaux

Les religions à mystère issues de l'orient méditerranéen se répandent en Gaule comme dans tout l'Empire romain. A Lugdunum, c'est surtout Cybèle, la Grande Mère des Phrygiens, qui a trouvé un accueil privilégié. Mithra, Sérapis et Isis semblent moins implantés.
Ci contre, un autel, retrouvé intact dans le sanctuaire de Cybèle, commémore un taurobole offert le 9 décembre 60 à la déesse phrygienne. Il est orné d'une tête de taureau, d'une tête de bélier et de la harpé pour égorger rituellement ces deux animaux.
 

- Le culte des morts
     Les sculptures, notamment sur les stèles funéraires, témoignent de la romanisation de La Gaule.

Cippe à l'ascia.

Le rite de l'ascia (gravure de cet outil sur le socle du cippe) apparaît à Lugdunum à la fin du Ier siècle. Il est né en Dalmatie, peut-être lié à l'inhumation, et s'est répandu dans le monde romain. A Lugdunum, il prend une dimension nouvelle avec la dédicace épigraphique "sub ascia dedicavit" (sous la protection de l'ascia) qui va se propager partout. 

 

La jeune fille aux bijoux. Primilia tire son collier d'un coffret à bijoux.
La pomme de pin représente la vie éternelle.


Un Autel
 

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Voir le calendrier gaulois de Coligny (musée de Lyon).
LUGDUNUM (Lyon)  

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