ATRIUM 1. CULINA (cuisine) et LATRINA (toilettes)
2. TRICLINIUM (salle à manger)
3. CUBICULUM (chambre à coucher)
4. POSTICUM (porte de service)
5. ANDRON (corridor)
6. TABLINUM (passage) ou BIBLIOTHEQUE
7. IMPLUVIUM (bassin)
8. CHALCIDICUM (vestibule)
9.
LARARIUM (autel des lares)
10. ALA (aile) avec escalier donnant accès aux chambres des serviteurs à
l'étage
PÉRISTYLE
11. HORTUS (jardin) avec vivier statue et fontaine
12. Promenade pouvant servir de Triclinium d'été
13 EXEDRA (maison de jardin)
THERMES
14. Salle de chauffe
15. APODYTERIUM (vestiaire)
16. Salle de bain avec ALVEUS (baignoire)
17. Réservoir d'eau
La civilisation romaine, comme la civilisation grecque, repose
sur la vie urbaine. La construction de villes permet la romanisation des
pays conquis. Dans un système politique où la citoyenneté s’exerce
directement, sans représentants, la Ville (Urbs)
se confond avec l’Etat (voir en Grèce les cités-états). La ville comprend
des bâtiments publics (forum, thermes, théâtre, amphithéâtre, temples,
autels) autour desquels s’organise la vie publique, religieuse et civique,
et des bâtiments privés (habitations, boutiques, ateliers). La maison
appelée domus,
héritée des Etrusques, ne concerne en fait que les Romains les plus riches.
Ceux-ci possèdent généralement aussi une propriété à la campagne (villa).
Les autres classes sociales habitent les insulae
(immeubles).
La domus,
construite en retrait par rapport à la rue, ne comporte pas de fenêtres
donnant sur la rue : elle est fermée sur elle-même. La porte (janua)
à deux battants (fores)
mène, après un vestibule (vestibulum),
vers l’atrium.
L’atrium
est la pièce principale de la maison : c’est une grande cour carrée autour
de laquelle sont distribuées les autres pièces. Cette cour est en partie à
ciel ouvert (au centre) et en partie recouverte d’un toit en pente. Le
centre est occupé par un bassin carré, l’impluvium,
qui recueille les eaux de pluie à travers le
compluvium
(l’ouverture dans le toit). La partie de l’atrium
autour de l’impluvium
forme quatre passages dallés sur lesquels s’ouvrent les différentes pièces
d’habitation et de service. L’atrium
sert à la fois de cuisine, la culina
(la fumée s’échappe par le
compluvium),
de salle à manger, de chambre à coucher et aussi de sanctuaire avec l’autel
familial (le laraire, dédié aux dieux Lares qui protègent la maison). Il
permet également à la lumière d’entrer dans la domus.
Plus tard des cloisons délimitent diverses pièces spécialisées munies de
portes-fenêtres donnant sur l’atrium.
Le
tablinum
derrière l’autel domestique est au départ la pièce réservée au maître de
maison. Par la suite, il renferme les archives, les livres de comptes, les
objets précieux, les masques funéraires des ancêtres (imagines)…Il
donne sur un jardin potager (hortus).
De chaque côté du tablinum
se trouve une ala
(aile), pièce de grande dimension qui peut servir de salle à manger (triclinium)
ou de salon. Parfois les deux pièces situées, du côté de la rue, de part et
d’autre du
vestibulum
sont des boutiques (tabernae)
louées à des commerçants ou des artisans. Certaines domus
comportaient un étage pour pouvoir loger toute la famille et les esclaves.
2. La maison à péristyle
La maison à atrium
était rudimentaire et sans luxe. Au contact des Grecs, les riches Romains
adoptent des maisons de styles variés, en s’inspirant des maisons grecques,
avec péristyle et jardin. Cependant ils conservent souvent par respect pour
leurs ancêtres le plan de l’ancienne domus.
Mais ils y ajoutent une seconde maison, à la grecque, au-delà du
tablinum.
Un corridor (fauces)
fait communiquer les deux maisons. Le
tablinum
s’ouvre à
la fois sur l’atrium
et sur le péristyle.
Le
péristyle est un portique reposant sur des colonnes (en grec « style »
signifie « colonne ») orné de plantes, de fontaines, de statues… L’atrium
et le
tablinum
perdent leur caractère privé et deviennent des pièces destinées à l’accueil
de la clientèle (personnes qui demandent appui et faveurs en échange de
services) par le père de famille. Dans la maison double, la partie privée et
la partie publique sont désormais soigneusement séparées.
Les colonnes du péristyle et les murs de la maison sont faits ou
recouverts de marbre ou de matériaux rares. Ils sont recouverts de peintures
(parfois en trompe-l’œil) et de mosaïques. Au-delà de la maison est situé un
jardin d’agrément géométrique (dans le style des jardins « à la
française »).
Dessin
extrait du "Que sais-je?", "La vie à Rome dans l'Antiquité". P. Grimal
PUF
Maquette du musée de la civilisation romaine (Rome)
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La maison à atrium
est la maison romaine typique mais très tôt (vers le III° siècle avant J.C.)
apparaissent les
insulae
(« îlots ») : ce sont des immeubles plus économiques (les domus
ont une superficie relativement importante pour loger une seule famille) et
de meilleur rapport pour les propriétaires qui peuvent louer souvent fort
cher de nombreux appartements (cenacula)
à plusieurs familles.
Les logements sont aérés et éclairés par des fenêtres sans
vitres et des balcons, parfois par des puits de lumière à l’intérieur du
bâtiment. Contrairement à la domus,
les
insulae
sont tournées vers l’extérieur. Il n’y a pas d’atrium
ni de cheminée. On cuisine sur des réchauds, on se chauffe avec des
braseros. Il n’y a pas d’eau courante dans les étages. Il faut donc chercher
l’eau à la fontaine. Mais ce n’est pas un problème pour l’hygiène car les
thermes y remédient. Les pièces n’ont pas de destination particulière :
c’est l’occupant qui les aménage à son idée. Les appartements sont souvent
surpeuplés.
Certains de ces bâtiments ont plus de 20 mètres de haut et
comportent jusqu’à 7 étages. La principale préoccupation des architectes est
de gagner en hauteur la place qui manque au sol, dans une ville dont la
démographie augmente sans cesse, pour loger le plus de gens possible dans le
minimum d’espace. Les murs ne sont pas très épais, toujours pour économiser
de la place. Quand la construction est en pierre, ce n’est pas très gênant,
mais avec la brique, cela pose un problème de solidité. D’autant que pour
alléger la structure, les étages supérieurs n’ont que des poutrelles comme
armature. Aussi les exemples d’immeubles qui s’écroulent sur leurs occupants
ne sont pas rares. Les risques d’incendie sont également très importants du
fait des matériaux employés. L’étroitesse des rues fait que ces incendies se
propagent et embrasent des quartiers entiers. Des promoteurs immobiliers se
précipitent aussitôt pour reconstruire.
Les Romains riches possèdent en plus de leur domus
un domaine agricole dont ils tirent des revenus (vin, huile…). Ces domaines
comprennent une maison, la
villa rustica.
Dès le II° siècle avant J.C., les propriétaires n’y résident plus guère. Par
contre, ils se font construire des maisons de villégiature, dans des
endroits très agréables comme la baie de Naples ou en Toscane. Ils les
nomment également « villae »
bien qu’elles ne ressemblent en rien à des fermes. Comprenant plusieurs
salles à manger, des bibliothèques, des bains, une piscine, un hippodrome
etc…, elles apportent tout le confort et les distractions de la vie urbaine
dans un cadre champêtre.