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Le grand cairn de Barnenez :  les chambres (tombes) (page 3/6)


Couloir donnant accès à une chambre, côté sud

On accède aux chambres par un couloir long de 5 à 14 mètres toujours couvert de dalles-linteaux successifs (contrairement aux chambres, ils ne sont jamais voûtés). Les parois des couloirs sont constituées soit par des pierres sèches empilées, soit par des dalles sur chant, soit encore par une alternance des deux procédés. La différence de hauteur systématique entre couloir et chambre pourrait avoir une signification symbolique : on ne peut se redresser que dans la chambre après un cheminement courbé dans le couloir (la hauteur peut être inférieure à 0,50 m). Tous les couloirs conduisant aux tombes sont orientés sud-ouest (du côté du soleil levant l'hiver).
Les couloirs prouvent que les chambres restent accessibles après l'inhumation, soit pour déposer des offrandes, soit pour pratiquer des rites funéraires ou pour déposer de nouveaux corps.

Les tombes présentent deux types de voûtes : une pierre plate comme dans les dolmens classiques ou une « fausse coupole » arrondie en une savante juxtaposition de petites pierres plates.


La  "carrière" (face nord) permet de visualiser les différentes structures des chambres

- la chambre B : c'est une petite salle couverte d'une table supportée par 7 dalles dressées qui forment les parois. Elle est l'exemple typique du dolmen qui a perdu son cairn et que l'on trouve partout en Bretagne.
 

- la chambre D : elle est construite en fausse coupole à l'aide de pierres plates assemblées à sec : tous les éléments sont disposés à plat, mais en porte-à-faux les uns sur les autres. La stabilité est assurée par la masse des matériaux entassés à l'arrière et qui forme contrepoids (d'où l'appellation fausse coupole en "tas de charge"). Ce type de coupole se rencontre dans les tholos mycéniennes qui sont postérieures de 2000 ans (voir ici).
La paroi de
pierre sèche est renforcée, ici, à la base par une couronne de petites dalles dressées.
 

- La chambre A : les parois sont construites à l'aide de grandes dalles * dressées sur chant, mais la voûte est assurée par une fausse coupole en pierres sèches.
* Étant donné que deux des dalles sont issues d'une même dalle de 5 m de long et 2 m de large coupée en deux, il se pourrait que cette dalle ait été destinée à couvrir une chambre et que cassée accidentellement elle ait été remployée pour constituer la paroi de la chambre A.
La chambre A offre une autre particularité : elle était fermée au débouché du couloir par une dalle septale (cloison) percée d'une minuscule fenêtre. On ne pouvait donc pas pénétrer dans cette salle mais y jeter un regard ou même y déposer des offrandes par la fenêtre. La fenêtre pourrait être aussi ce que l'on nomme "le trou de l'âme" permettant à l'esprit du défunt de s'échapper de temps à autre de la tombe.

- La chambre C : la voûte est en fausse coupole (comme la chambre D), toute la chambre est exclusivement réalisée en maçonnerie sèche (cas le plus courant), elle n'est pas grande, moins de 2,5 m de diamètre. On peut constater que les pierres plates de la fausse coupole sont disposées avec une légère contre-pente pour assurer l'étanchéité de la tombe.

- La chambre H : l'entrée de la tombe H est située au centre du cairn primaire, elle présente une entrée monumentale par rapport aux autres. Les parois du couloir sont constituées de belles dalles sur chant qui supportent les dalles-linteaux. Le couloir conduit à une antichambre (couverte par une fausse coupole) qui précède une belle crypte à structure mégalithique. L'existence de deux chambres successives est exceptionnel et ne se retrouve qu'à Locmariaquer. Cette disposition particulière répond à un besoin spécifique et c'est sur les parois de la deuxième chambre que l'on a justement retrouvé l'essentiel des témoignages artistiques à Barnenez. Sur deux dalles du fond, apparaissent en clair sur le fond sombre, haches, zigzags et signes corniformes (voir ici). Le pilier qui sépare les deux chambres présente trois lames de hache, une hache emmanchée et un arc ; cette pierre sculptée est considérée comme un réemploi.

Toutes les chambres ont été murées, elles ne sont donc pas visitables pour éviter les destructions et aussi par mesure de sécurité.

Suite 


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