Le lièvre en Egypte antique

LES ANIMAUX

LE  LIEVRE

 

Page réalisée par Isabelle Didierjean

             Le lièvre n'est pas seulement un gibier de choix, apprécié par les chasseurs (qui l'attrapent dans des filets, lui lancent des flèches ou envoient des chiens à sa poursuite), y compris le pharaon, pour ses qualités de vitesse et pour son habileté à se cacher. Il a également une valeur symbolique. Mais celle-ci est est double, à la fois positive et négative. En effet, avec ses grandes oreilles, il fait penser à des bêtes malfaisantes et, avec sa couleur un peu rousse, il évoque Seth et sa puissance maléfique (confusion renforcée par la ressemblance entre le hiéroglyphe qui le représente et celui de Seth, surtout quand on lui ajouta une longue queue qui renforça la similitude).

                Mais d'autre part, du fait de sa fécondité prolifique et de sa capacité à résister dans le désert, il évoque la résurrection, tout comme la gazelle ou le hérisson. C'est pourquoi dans une formule funéraire, le mort s'identifie au lièvre et pas seulement au lion (ce qui pourrait paraître plus naturel) : "Je suis un lion. Je suis un lièvre." Sa vitesse explique que le mort veuille se parer de ses qualités dans l'au-delà: "Où entreras-tu? Comment sortiras-tu? De même que j'entrerai comme un lièvre, de même sortirai-je comme un faucon."(Livre des morts)

Palette de chasse, musée du Louvre

                Le lièvre symbolise la vigilance. Cela s'explique par la réputation qu'il a chez les Egyptiens de ne jamais fermer les yeux. C'est un gardien : on a retrouvé des amulettes qui le représentent; cela peut paraître paradoxal puisqu'il est surtout connu par sa capacité à fuir, mais cela fait de lui le protecteur du sommeil puisqu'il est capable de le traverser rapidement, de façon à éviter les rives de la mort si proches de celles du sommeil : ainsi des chevets reproduisent sa forme (il y est représenté avec les yeux fermés, malgré sa réputation, peut-être pour être plus proche du dormeur qu'il protège). Enfin, il est parfois assimilé à des divinités redoutables : la déesse Hase Ounet (qui a donné son nom au nome d'Hermopolis), tout comme la Lionne ou le Cobra, défend Osiris contre ses ennemis, dont Seth. De même, dans le Livre des morts, on voit des portiers dotés d'une tête de lièvre, tandis le chat qui découpe le serpent monstrueux Apophis, dans une vignette du Livre des morts, est doté d'oreilles de lièvre. Dans le même ordre d'idée, un papyrus funéraire fait voir un génie à tête de lièvre dévorant un serpent.

   Le savant égyptien Horapollon, au IV° ou au V° siècle après J.C., c'est-à-dire à une époque où l'on ne comprend plus les hiéroglyphes, a attribué la valeur de l'ouverture à ce signe car le lièvre avait la réputation d'avoir les yeux toujours ouverts. Jean Yoyotte (le Bestiaire des pharaons), explique que ce hiéroglyphe peut être utilisé phonétiquement pour écrire "oun", c'est-à-dire "ouvrir".

 Hiéroglyphe du lièvre.


Amulette en forme de lièvre, musée du Louvre

LES ANIMAUX

LE  LIEVRE

 


Compte tenu des nombreux piratages du site, le click droit pour le copiage du texte et des images est dorénavant interdit. Site sous copyright.
Les élèves peuvent cependant récupérer les images à l'aide d'une copie d'écran pour leurs travaux pédagogiques non lucratifs et non publiables, y compris sur Internet.
Pour tout autre usage, contacter l'auteur:Contact