LE PHARAON

AKHENATON (Aménophis IV)  Page 4/17

L'art amarnien II.

- Le portrait royal est devenu un véritable instrument de propagande religieuse et politique, un modèle applicable à tous. La représentation des scènes intimes de la famille royale a le même but, ce sont des scènes allégoriques, des icônes politiques et religieuses destinées à imposer les réformes d'Akhenaton.

Cette tête du roi Akhenaton est un moulage en plâtre réalisé d'après un modèle en argile et retravaillé. Les caractéristiques de l'art amarnien sont bien visibles : visage émacié, yeux en amande, lèvres charnues, cou allongé, grandes oreilles. Ce plâtre était destiné à servir de modèle aux statues en dur du pharaon.

Musée de Berlin - H : 26 cm.

Ce buste d'Akhenaton en calcaire autrefois peint met en évidence l'allongement des visages, encore accentué ici par la couronne démesurément haute.

Musée du Louvre

Cette statue de Néfertiti a été retrouvée dans le même atelier que le plâtre ci-dessus à Tell el-Amarna. Il s'agit aussi d'une statue modèle, ce qui explique l'outrance de certains détails stylistiques qui montrent une femme mûre, aux chairs opulentes, au cou maigre, au visage marqué de profonds sillons autour du nez et de la bouche. La comparaison avec la tête d'Akhenaton montre de nombreuses analogies ce qui prouve qu'Akhenaton a orienté l'art dans une direction nouvelle où domine l'exclusivité : l'image du roi devient le modèle pour tous, hommes et femmes qu'on a souvent peine à distinguer.


Musée de Berlin - Calcaire  tendre- H : 40 cm


Têtes de princesses (sur un talate) traitées dans le pur style amarnien. Calcaire - H : 21 cm - L : 53,5 cm.


Princesse mangeant un canard.
Calcaire : 24 cm x 22 cm
Tell el-Amarna
Musée du Caire

Cette petite dalle de calcaire, sur laquelle un artiste avait fait le projet de sculpter une scène de genre, a été abandonnée en cours d'exécution, puis cassée. Seule la partie inférieure a été sculptée, le dessin noir qui devait disparaître sous le travail du ciseau demeure dans la partie supérieure.
Cette étude remarquable témoigne de l'habileté technique et de la créativité des artistes qui s'affranchissent des règles traditionnelles sous Akhenaton. Cette oeuvre est révolutionnaire dans le choix du sujet.
Jamais auparavant on aurait osé représenter une scène si intime : une princesse nue, assise sur un coussin, dévorant un canard. Les seules scènes de repas autorisés étaient les repas funéraires sur les parois des tombes et encore il ne s'agissait que de boire à la mémoire du disparu, jamais de manger. Ces scènes étaient utiles pour la régénération après la mort et donc réalisées dans un but religieux. Ici, ce n'est pas le cas, il s'agit de montrer une scène commune de la vie quotidienne d'une princesse, ce qui correspond au choix d'Akhenaton de représenter la réalité de la nature humaine.
On retrouve dans cette étude toutes les spécificités de l'art amarnien : crâne allongé, yeux en amande, lèvres charnues, menton et ventre saillants, cou allongé et plissé, membres grêles. A remarquer le traitement des orteils finement sculptés, avant cette époque, ils étaient incomplètement représentés. Les mains sont souples, l'une porte un canard à la bouche et l'autre saisit délicatement une grappe de raisins dans une corbeille de fruits. On aperçoit aussi une jarre de vin posée près de la corbeille.

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