Evolution des hiéroglyphes
LES HIEROGLYPHES                        Langues et écritures égyptiennes : évolution
Page réalisée par Jean-Louis Prady


L’EGYPTIEN ANCIEN DANS LA CLASSIFICATION DES LANGUES
Dans la classification classique la langue égyptienne ancienne appartient au groupe chamito-sémitique issu d’une « langue ancêtre »  commune. Ce groupe est divisé en trois : l’égyptien ; le sémitique (arabe, hébreu, araméen, phénicien, akkadien) ; le chamitique qui est lui-même subdivisé en lybico-berbère (langues à l’ouest de l’Egypte : berbère, touareg) et en couchite (langues d’Afrique orientale : bedja, somali, galla, saho et afar, agaw, sidama).
Cette classification est aujourd’hui fortement remise en cause. Le chamitique manquant d’homogénéité, le lybico-berbère est maintenant généralement rattaché au sémitique.

L’EVOLUTION DE LA LANGUE ET DE L’ECRITURE
La langue
L’égyptien est une langue dont la syntaxe a évolué. Il a connu cinq états successifs répartis en deux groupes d’affinité syntaxique.
Le premier groupe
Il comprend l’ancien-égyptien (de la période pré-dynastique à la fin de l’Ancien Empire soit de 3 100 à 2 200) et le moyen-égyptien (de la Première Période Intermédiaire au tout début de la Deuxième Période Intermédiaire soit de 2 200 à 1 700).
Le moyen égyptien est considéré comme l’égyptien classique, c’est en effet lui qui a produit les grands textes littéraires.
Le second groupe
Il est composé du néo-égyptien (d’une grande partie de la Deuxième Période Intermédiaire à la quasi totalité de la Troisième Période Intermédiaire soit de 1 700 à 700), du démotique (de la fin de la Troisième Période Intermédiaire au IVe siècle ap. J.-C. soit de 700 av. J.-C. à 400 ap. J.-C.) et du copte (de 400 à 1 400, l’arabe commence néanmoins à le supplanter à partir de la seconde moitié du VIIe siècle, il est encore employé de nos jours comme langue liturgique par les chrétiens d’Egypte).
L’écriture
L’écriture sert à noter ces états successifs de la langue au moyen de trois systèmes pouvant coexister au cours d’un même état de la langue.
Le hiéroglyphique
Etymologie : du grec « iérogluphikos » (iéros : sacré, divin ; gluphô : tailler, sculpter, graver, ciseler), « hiéroglyphicus » en latin.
Définition : système utilisant les hiéroglyphes comme signes d’écriture, c'est-à-dire des images de choses réelles.
Période d’utilisation : de l’époque pré-dynastique au IVe siècle av. J.-C. (3 200 - 400).
Support : écriture gravée ou peinte sur les parois des monuments ou sur les œuvres en ronde-bosse et en bas-relief. A partir de l’époque grecque (332) il ne concerne plus que les textes sacrés gravés sur les parois des temples.
Dernière inscription hiéroglyphique : gravée à Philae et datée du 24 août 394.
A noter : il existe un hiéroglyphique cursif pour lequel les signes sont légèrement simplifiés et qui est utilisé pour textes religieux sur bois ou papyrus.
Le hiératique
Etymologie : du grec « iératikos » (iéros : sacré, divin), « hiératicus » en latin.
Définition : les signes hiéroglyphiques sont simplifiés sous une forme cursive. Avec un peu de pratique ils sont aisément identifiables.
Période d’utilisation : de la période pré-dynastique à la fin de l’époque romaine (3 200 - 350 ap. J.-C.)
Support : les papyrus, les ostraca (éclats de pierre ou de poterie). A partir de la XXIe dynastie (vers 1 070) Le hiératique est progressivement réservé aux textes religieux sur papyrus.
Le démotique
Etymologie : du grec « dêmotikos » (dêmos : peuple), « démoticus » en latin.
Définition : extrême simplification du hiératique à tel point que les signes ne sont plus identifiables.
Période d’utilisation : d’une partie de la Troisième Période Intermédiaire à l’époque romaine (700 av. J.-C. - 450 ap. J.-C.)
Dernière inscription démotique : gravée par un païen à Philae en 452 ap. J.-C.
Le copte
Etymologie : du grec « aiguptios » (égyptien).
Définition : ultime transformation de l’égyptien utilisant l’alphabet grec augmenté de sept signes démotiques servant à noter des phonèmes inconnus du grec.
Période d’utilisation : apparaissant peu avant le christianisme (donc avant le copte parlé) il se généralise entre le IIe et le IIIe siècle.
Utilisé jusqu’en 1 400 il est néanmoins progressivement supplanté par l’arabe à partir de la seconde moitié du VIIe siècle.

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