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Introduction

Le grand sanglier

Le sanglier hérissé

Sanglier stylisé

Fabrication

LE TRESOR DE NEUVY-EN-SULLIAS

Les sangliers : des enseignes militaires

Suite : les sangliers
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     Le sanglier est, chez les Celtes, le symbole de l'autorité spirituelle, de la nation gauloise. C'est aussi l'animal qui représente le mieux l'impétuosité guerrière, la force, le courage, la ruse, l'intelligence : les vertus majeures des combattants intrépides. Pour cette raison, le sanglier est fréquemment utilisé pour les enseignes militaires (rôle protecteur).
     Pour les Gaulois,
faire la guerre est un acte sacré, c'est pour cela que la fonction guerrière est totalement soumise à l'autorité religieuse. Le sanglier est aussi un animal en rapport avec le monde de l'au-delà et l'idée d'immortalité des âmes, c'est également le mets de prédilection des Dieux et des héros. Mais les Gaulois eux-mêmes ne mangent pas de sanglier, ils mangent du porc.
     Les trois sangliers forment un groupe homogène, celui des enseignes militaires à l'effigie d'un sanglier, mais on pourrait peut-être y ajouter le bovin sans tête qui est une enseigne et qui pourrait être lui aussi un sanglier (on trouve nulle part ailleurs un bovin utilisé comme enseigne militaire). En effet, il faut savoir que les figures en tôle chaudronnée ont été trouvées en fragments1 et ont été remontées. De plus, des parties, comme les sabots et les pattes, ont été refaites et on n'est pas certain que le rendu actuel corresponde exactement aux pièces originales.
     Tout comme pour le cheval, on pense que les enseignes militaires étaient conçues pour être vues en hauteur, ainsi les déformations (corps long et tendu) répondent à un souci de vision en perspective.

1 Les enseignes ont été volontairement cisaillées avant leur enfouissement, sans doute pour mettre fin à leur fonction militaire et les consacrer à la divinité (comme les armes brisées enfouies dans d'autres sanctuaires)
Rédaction : 2001

Les animaux en bronze martelé ou repoussé selon P. Mantellier (1865)
Mémoire sur les BRONZES ANTIQUES de Neuvy-en-Sullias (P. Mantellier)

Dans le récit des circonstances qui ont accompagné la découverte de Neuvy, j'ai dit qu'au nombre des objets trouvés se rencontraient des fragments de feuilles de bronze battu et martelé. En rassemblant plusieurs  de ces fragments, en les rapprochant les uns des autres, je suis parvenu à reconnaître qu'ils provenaient de figures d'animaux que j'ai recomposés.
    Rien de plus simple et de plus primitif en même temps que le mode employé par les artistes ou les ouvriers qui avaient confectionné ou fabriqué ces figures d'animaux.
C'est à dessein que je me sers de l'expression d'ouvriers, car à l'exception d'un sanglier dont, j'aurai à parler avec détail, les autres animaux que j'ai reconstitués étaient des œuvres de martelage (je n'ose pas dire martelage de chaudronnerie ; ce serait cependant le mot exact) beaucoup plus que des œuvres d'art. Dans une feuille de métal, on découpait deux silhouettes d'un animal ; ces deux silhouettes étaient ensuite battues au marteau de manière à faire sortir en saillie les formes de la tête, du corps et des jambes de derrière, l'une de ces feuilles représentant le côté droit, l'autre le côté gauche ;  puis elles étaient rapprochées et unies par une soudure. En un mot, deux plaques juxtaposées et sondées ensemble constituaient l'animal ; on ajoutait et on soudait après coup, à chaque jambe de derrière, une petite plaque qui en garnissait le côté intérieur ; les jambes de devant, faites de deux feuilles soudées en forme de tube, étaient emboîtées dans le poitrail ; deux trous indiquaient les yeux, deux autres les oreilles.
     Des causes qui seront l'objet d'une recherche spéciale ayant détruit les soudures, les feuilles ou plaques dont chaque animal était formé s'étaient disjointes, et dans la sablière on les avait trouvées séparées et isolées les unes des autres. C'est en les rapprochant comme je viens de le dire, et après de nombreux tâtonnements, que je parvins à retrouver la place de chaque fragment. Dans la restitution qui a été opérée sous ma surveillance, les parties manquantes ont été rétablies en cire modelée, cire dont la couleur rouge brun empêche toute confusion avec les parties conservées.

    Ces animaux recomposés sont au nombre de quatre :

15. (PI.  XI, a.) Animal à pied fourchu, vache ou bœuf. (liant. 340 millim.) La tête, qui était formée d'une ou de plusieurs pièces soudées au col, et la queue, manquent.

16. (PI. XI, c.) Sanglier (haut. 270 millim.). Le groin relevé, les jambes de devant buttées, haut sur pattes, le corps effilé, la crinière droite, amincie, d'une hauteur démesurée. Le poli moucheté et bronzé du métal indique qu'il a subi autrefois l'action d'un feu violent.

17. (PI. XI, b.) Sanglier (haut. 250 millim.) de forme moins effilée que le précédent ; queue en bronze forgé ; l'une des jambes de devant manque; patine vert pâle.
Ces deux images de sangliers  étaient des enseignes militaires. La nature du métal employé à leur fabrication, une légèreté qui permettait de les porter au sommet d'une hampe, leur similitude frappante avec les sangliers enseignes reproduits sur de nombreuses monnaies gauloises (1), dans les Trophées de l'arc-de-triomphe d’Orange (2), sur la cuirasse d'une statue d'Auguste, trouvée en 1863 dans les ruines de la villa de Livie, aux environs de Rome (3), ne permettent pas d'en douter. (V. Pl. XI, d.)

(1) DE LA  SAUSSAYE,  Le véritable symbole de la nation gauloise Revue num., 1840, p. 250, pl. XVI,, 5, 6 ; VVII, 1 ; p. 252, pl. XVIII, 4 ; P. 254, pl. XVII, 6;  p. 256,  pi. XVIII,  1, 2, 6, 7  -  Duc de  Blacas, Essai sur  les médailles autonomes. Revue numism.,  1862, p. 197,  pl. vu, 2, 4.  —  De  SAULCY, Trouvaille  de  Chantenay, même  vol. p. 25, pl. I, 7.
(2) CARISTIE, Monuments antiques à Orange, pl. XVI à XX.
(3) Monum. inédits de l'institut de corresp. archéol., t. VI et VII pl.  LXXXIV;  —  R GARRUCCI, Dissertazione, archeologiche,  tav.  1, Roma, 1864. — Cette statue est aujourd'hui au musée un Vatican.

Dans le bœuf n° 15, dont les dimensions sont analogues, qui a été fabriqué de la même manière, avec un métal léger, je vois également une enseigne. Le bœuf était l'un des types monétaires de la Gaule (4), et au milieu des nombreuses enseignes, des trophées de l'arc d'Orange, il en est une seule, mais enfin il en est une, qui ne représente pas un sanglier, mais un bœuf (5).

(4) CARTIER, Lettre sur l'hist. monét. de France, Revue num.,  1836 p. 145.
(5) CARISTIE, Monuments antiques à Orange, pl. XVII.

18. (Pl. XII.) Sanglier (haut. 780 millim.). Cette figure de sanglier, de grandeur naturelle, avait été, comme celles qui précèdent, formée de feuilles ou lames de bronze unies les unes aux autres par des soudures ;  la gueule ouverte, la queue en bronze forgé.  Mais  le  travail n'est plus le même : le métal n'est pas simplement martelé, les soies ont été reproduites au repoussé avec une perfection qui donne à ce monument le caractère d'une œuvre d'art. Le corps de l'animal n'est plus composé de deux feuilles grossièrement rapprochées ; les pièces, en plus grand nombre, avaient été disposées et agencées plus savamment. Au lieu de trous ronds pour indiquer les yeux, ce sont des ouvertures ovales, dessinées avec soin, clans l'intérieur desquelles était placé le  globe de  l'œil, rapporté probablement en verre de couleur, qui manque. Les oreilles, qui manquent, également, étaient en saillie et appliquées au moyen d'une soudure ; on en voit la place.
    Il  s'en faut, malheureusement, que  les  diverses  pièces qui subsistent soient intactes. Dans la sablière de Neuvy, on n'a retrouvé que des fragments ; plus de trente parcelles avaient été recueillies, et leur rapprochement n'a pu donner qu'une image incomplète, soit que d'autres parcelles, trop petites pour être saisies, se soient perdues dans le sable au moment de la  découverte, soit que tout n'eût pas été enfoui.
    La question se présentera, en effet, de savoir si ces animaux retrouvés par morceaux, par fragments, n'avaient pas été enfouis en cet étal. Comme éléments de sa solution, je constate ici que toutes les cassures étaient revêtues d'une patine ; que sur les bords de plusieurs des pièces se voyaient des marques de jonction avec la pièce qui y avait été autrefois adhérente, des dépressions, des traces laissées par la sertissure ou la soudure. A la lisière de l'une des pièces provenant du gros sanglier, restaient des coagulations de matière métallique refroidie. A l'analyse, elles ont donné le mélange de plomb et d'étain, qui constitue la soudure de plombier.

 19. Fragments de feuilles de bronze figurant des soies de sanglier, obtenues au repoussé, qui n'ont pu trouver leur place dans la recomposition de l'animal que j'ai décrit en dernier lieu, et qui paraissent provenir d'un autre sanglier. Ces fragments sont peu nombreux, petits et tellement dénaturés, qu'il est impossible de déterminer à quelle partie du corps ils appartenaient.

 20. Amalgame composé de débris de même nature, les uns déchirés, les autres coupés net et carrément, coupure ancienne, car le vif est recouvert d'une patine. Ces débris sont engagés et noyés en partie dans une masse de métal fondu, qui a donné à l'analyse du plomb pur de tout mélange.

21. Débris martelé paraissant provenir de la jambe d'un animal un peu plus gros que le bœuf n° 15 et les sangliers n° 16 et 17.

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Les sangliers

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