àà===========

Les Vénus anadyomènes gauloises (voir la page complémentaire sur les déesses-mères gauloises)


Musée St-Germain-en-Laye

 

Si Vénus (Aphrodite, chez les Grecs) a été très honorée comme déesse de l'amour chez les Romains, il ne semble pas qu'il en ait été de même en Gaule où moins de vingt inscriptions l'évoquant ont été retrouvées. De même, les cent cinquante statues ou reliefs la représentant en Gaule sont souvent plus l'expression d'une utilisation décorative qu'une expression purement religieuse (évocation de son culte).
Pourtant, on a retrouvé en grand nombre des figurines en terre blanche la représentant toujours dans la même attitude : debout, nue, sortant du bain, la main droite tordant une mèche de ses cheveux, la gauche tenant une draperie. Parfois, elle presse un de ses seins, est accompagnée d'une chouette, d'un dauphin ou d'un aigle. Ce type de Vénus est appelé "anadyomène" (en grec :
"sortie de l'écume de la mer") et rappelle l'origine de sa naissance.
Les hanches sont larges, la poitrine menue, le sexe toujours bien marqué, il s'agit en fait bien plus d'une déesse de la fécondité que l'image traditionnelle de la beauté et de l'amour. A ce titre, ces Vénus gauloises sont à rapprocher des déesses-mères qui ont été fabriquées de la même façon et que l'on trouve aussi en grand nombre.

Musée St-Germain-en-Laye Musée St-Germain-en-Laye Musée St-Germain-en-Laye

 

Musée St-Germain-en-Laye

Musée St-Germain-en-Laye

Musée St-Germain-en-Laye Musée St-Germain-en-Laye Musée St-Germain-en-Laye Musée St-Germain-en-Laye Musée St-Germain-en-Laye
Musée Argentomagus. Vénus est assez souvent présentée debout sous un édicule au fronton triangulaire ou arrondi, dont les rampants sont ornés de S affrontés.
Texte extrait du musée d'Alésia sur les figurines en terre cuite blanche :
"Les figurines en terre cuite blanche étaient obtenues, par moulage d'argile très fine dans un moule le plus souvent bivalve : les deux faces (antérieure et postérieure pour les personnages, faces latérales pour les animaux) étaient moulées séparément, séchées démoulées puis collées à la barbotine et cuites. Après cuisson, au gré des modes et des ateliers, elles pouvaient être partiellement rehaussées de couleurs, notamment d'ocre, qui se sont rarement conservées.

Elles ont été produites en très grande série dans des ateliers spécialisés du centre de la Gaule entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C. Il semble qu'il existait des fabricants de moules et une spécialisation très poussée à l'intérieur même des ateliers. Celui de Pistillus, à Autun, est l'un des plus connus. Dans le courant du IIe siècle, il fabrique des statuettes d'une grande diversité et d'une qualité plastique remarquable.

Il est difficile d'interpréter ces innombrables figurines en terre. Leur signification peut être religieuse (laraires familiaux, ex vote, dans des sanctuaires, offrandes dans des tombes) mais tout aussi bien profane (bibelots, jouets).

L'étude des figurines découvertes à Alesia montre l'aspect essentiellement religieux de ce type de représentation. Les personnages divins sont de loin majoritaires ; Vénus et les déesses-mères (Matres) protectrices dominent. Il est possible que les bustes aient aussi représenté des divinités. La plupart des animaux sont les attributs habituels de certains dieux : le paon de Junon, le coq de Mercure, le cheval d'Epona, le chien des divinités indigènes domestiques ; en outre ils peuvent être considérés comme des offrandes. Il est possible aussi que les enfants représentés debout vêtus du cucullus gaulois renvoient à des cérémonies.

Ce panthéon d'argile diffère de celui qu'illustre la sculpture en pierre ou en bronze. Il pourrait être l'expression de pratiques religieuses populaires empreintes d'un fort héritage indigène. Toutefois, les lieux de découverte des figurines, sous-sols ou dépotoirs, nous renseignent peu sur ces dernières." A rapprocher de la fabrication des déesses-mères

Musée d'Aquitaine Musée d'Aquitaine Bourges (prov : Argent sur Sauldre) Musée de Bourges

Amiens

Amiens (à droite, la coiffure en S est bien visible) Martigny (Suisse) Vaison-la-Romaine

 

 

 

 

Alésia Arles Chartres Musée Carnavalet
Toulouse (Vénus protège un enfant) Périgueux Rennes IV°(signé Rextugenos) Tours
Vannes Vannes Vannes Montbouy
Les figurines en terre blanche : des produits bon marché destinés au petit peuple
D'après les études menées, il semble que les artisans potiers du centre de la Gaule, qui ont fabriqué en grand nombre aux Ier et IIème siècles ces figurines en argile, étaient peu fortunés (les fours étaient sommaires) et travaillaient pour une population qui n'avait pas les moyens d'acheter des statuettes en bronze beaucoup plus coûteuses. Ces figurines en argile sont donc un témoignage de l'expression religieuse populaire.

Les figurines les plus reproduites sont tout d'abord, et de loin, les Vénus anadyomènes suivies des déesses-mères. Nous avons déjà souligné plus haut qu'il y avait un rapport étroit entre ces deux types de figurines. Vénus (qui sort de l'écume de la mer) et les déesses-mères (protectrices des sources) sont des divinités nourricières en relation avec l'eau. Vénus est liée aux sources, aux lacs, aux étangs, souvent la draperie quelle tient de la main gauche est devenue une source d'eaux vives (Vertet). La déesse-mère nourrit son bébé en l'allaitant. Ces deux divinités ont donc chacune une fonction de fécondité, elles personnifient les forces créatrices de la nature. Tout comme l'eau est indispensable aux plantes, aux animaux et aux hommes, le lait est vital pour les bébés. Vertet parle pour ces deux divinités du "lien de lait".
Les plus pauvres, le plus grand nombre, se sont tout naturellement tournés vers des divinités nourricières, de survie. Seuls les plus riches pouvaient honorer des divinités comme Mercure ou Abondance qui protégeaient au-delà du strict nécessaire. Ceci explique pourquoi les divinités des plus pourvus étaient fabriquées en bronze et sont beaucoup moins nombreuses. On peut toutefois rencontrer de beaux petits bronzes représentant Vénus : voir celles de Bordeaux, l'une pudique, l'autre impudique, mais il est à remarquer, ici, qu'il ne s'agit plus de Vénus anadyomènes mais de la Vénus typiquement romaine qui symbolise la beauté et l'érotisme.

Mercure, musée archéologique d'Orléans (terre cuite blanche de l'Allier, provenance, Orléans). Il tient sa bourse, bien visible, dans la main droite et son caducée dans la main gauche. Mercure est le dieu des voyageurs et des commerçants, il est l'inventeur de tous les arts et aide à faire fortune.

Vénus anadyomènes, musée archéologique d'Orléans
De gauche à droite
- Provenance St-Ay - Loiret - 1890
- Provenance Beaulieu-sur-Loire (Aux Puits d'Avenat) - Loiret - 1911
- Provenance Beaulieu-sur-Loire (lieudit "Galles") - Loiret
- Provenance Loir-et-Cher
- Vénus dans un édicule : provenance inconnue
Voir la célèbre danseuse du trésor de Neuvy-en-Sullia
Voir la page complémentaire sur les déesses-mères gauloises

Un mot mal connu? Double cliquez pour ouvrir le dictionnaire
de droits pour les élèves et les étudiants dans une utilisation pédagogique non lucrative