ÉPONA : une déesse typiquement gauloise (savoir plus)  Retour vers Epona  (page sur la religion)

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Musée Carnavalet (Photo Isabelle Didierjean)

Musée d'Alésia (trouvée dans une cave d'un quartier au sud du forum)

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Stèle située sous le porche de l'église de Jabreille les Bordes (XIII°- XIV°)
Photo Isabelle Didierjean
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Photo Isabelle Didierjean


 
Jabreille les Bordes (Limousin). La stèle d'Epona. appelée pierre de Saint Martin en raison de son lieu de conservation primitif proviendrait peut-être d'un monument funéraire gallo-romain.
Epona. déesse gauloise, vêtue d'un long vêtement plissé, tient la bride d'un cheval tourné vers la droite. Le bras droit porte un long objet, interprété comme une corne d'abondance.
Le motif du fronton n'est pas identifié.
La face opposée montré trois personnages féminins, peut-être des déesses-mères ; l'usure de la pierre ne permet pas de définir les objets qu'elles portent.
Le Dieu Mars casqué, vêtu d'une tunique courte, avec dans la main droite une lance et dans la gauche un objet cylindrique, occupe une face latérale.
Le dernier côté représente un personnage nu, avec la jambe droite repliée derrière la gauche, le bras droit maintient la tête inclinée, l'autre parait rejeté en arrière.
Ce monument atteste la survivance, à l'époque gallo-romaine, de la tradition religieuse celtique.
D'après un article de la revue "Histoire Antique", par Patrice  Lajoye (N° 9, juin/juillet 2003)
Ce n'est qu'en 1483 que L. Lersch, un Allemand, prend conscience que la déesse Epona n'est pas latine mais celte. En effet, la répartition des inscriptions qui lui sont consacrées ont été trouvées en majorité sur des territoires celtes et seulement quelques-unes à Rome. Epona est donc une divinité étrangère assimilée par Rome tout comme Mithra ou Cybèle. Si les inscriptions sont assez rares (63 connues), les représentations d'Epona sont en revanche nombreuses, on en retrouve dans toute la partie nord du bassin méditerranéen (de la Grèce à l'Espagne en passant par la Dacie, la Norique, la Germanie, la Gaule, la Grande-Bretagne...).
Mais comment une déesse aussi modeste dans son panthéon d'origine a t-elle pu s'introduire dans Rome?
A partir de la conquête de la Gaule par les Romains, des Gaulois ont été incorporés dans les troupes auxiliaires de l'armée romaine. Ces Gaulois, excellents cavaliers, ont donc introduit leur déesse fétiche dans toutes les provinces parcourues par leurs légions. Mais le culte d'Epona ne semble pas avoir été introduit à Rome par l'intermédiaire de la Gaule mais par les territoires celtes orientaux. En effet, en Gaule, Epona est représentée en cavalière alors que dans les provinces du Danube on la voit assise sur un trône, un tabouret sous les pieds, encadrée par deux ou quatre chevaux. Or, c'est cette dernière représentation que l'on trouve à Rome, notamment dans les casernes du Latran abritant les cavaliers barbares composant la garde de l'Empereur et recrutés généralement en Rhétie, Germanie, Pannonie, Norique.
Epona a donc été adorée surtout par des militaires, son culte se localise souvent dans des écuries où l'on place sa statue en bronze ou en céramique ou encore son portrait peint. Ces représentations sont le plus souvent assez petites et modestes et attestent un culte humble et populaire. Quelques autels dédiés à Epona et un calendrier permettent de penser que des fêtes locales, aux dates variables selon les régions, lui étaient consacrées.
Epona, seulement une déesse des chevaux?
Beaucoup de monuments représentent Epona tenant une corne d'abondance ou un panier de fruits. Ses attributs et sa longue robe la rapprochent aussi des déesses mères gauloises.
Certains lui ont aussi donné un rôle en rapport avec la mort, elle serait l'accompagnatrice des âmes. En effet, le cheval est souvent considéré comme l'introducteur de l'âme du défunt dans l'au-delà.
Epona va disparaître avec le triomphe du christianisme. St Eloi, patron des forgerons, deviendra le protecteur des chevaux. On peut aussi revoir une survivance d'Epona sur les chapiteaux romans représentant la "Fuite en Egypte" : la vierge y est représentée à cheval, en amazone, un tabouret sous les pieds, tout comme l'Epona gauloise.

Les auteurs antiques citant Epona : Plutarque, Juvénal, Apulée, Minucius Felix, Tertullien, Prudence, Fulgence.

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D'autres Epona


Epona, musée de Nancy


Epona,  Bregenz (Autriche)


Epona, Innsbruck (Autriche)


Epona, Budapest (Hongrie)


Epona, musée archéologique de Salonique (Grèce)


Epona, Gannat (Allier)

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