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Les G A U L O I S - 14 pages L'histoire des Celtes La religion des Gaulois La religion gallo-romaine La mythologie
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 L'histoire des Celtes

Plan de la page
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Le problème du vocabulaire : "Celtes" et "Indo-européens" (mise au point 01/2015)
- Les mots "Celtes", "gaulois", "galate"
A. La théorie des migrations des Celtes
1.  Entre 1800 et 1200 avant JC : une civilisation protoceltique 
2. Entre 1200 et 750 avant JC : les champs d'urnes
3.
Entre 725 et 480 av JC : la période de Hallstatt
4. Entre le Vème et le IIème siècle av JC : la période de la Tène
5. La Gaule à la veille de la conquête romaine
6.
 A partir du IIème siècle avant JC : la domination romaine
B. La théorie des Celtes autochtones de l'Europe de l'Ouest  
C. Les Indo-Européens, nos ancêtres?

    Résumé de la page    
    Voir la chronologie

Le problème du vocabulaire : "Celtes" et "Indo-européens" (mise au point 01/2015)

Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il y a une remise en cause de ce vocabulaire, mais deux ouvrages récents viennent de rappeler combien il était abusif de parler de "Celtes "et "d'Indo-Européens".

Jean-Louis Brunaux (membre du CNRS), dans son ouvrage « Les Celtes, histoire d’un mythe » chez Belin  (2014), montre que ce mot « celte » n’a pas grande consistance par rapport à la réalité. Si César parle bien de « Celtes », il faudra attendre le XVII° siècle pour que le mot réapparaisse à des fins politiques, comme par exemple en Bretagne pour garder une certaine indépendance par rapport au pouvoir royal centralisateur, c’est le début du conflit entre « Francs » et « Gaulois » pour sceller l’identité nationale française. Puis au XVIII° siècle, des savants et pseudo-savants construisent le mythe celtique en s’appuyant sur le concept de langue celtique (attrait pour le sanskrit). Au XIXe le mythe se parachève, il s’agit de forger une identité qui ne soit ni gréco-romaine, ni biblique : d’où le choix d’ancêtres qui seraient plus anciens, sur fond de racisme et d’obsession de la pureté (on connaît la suite avec le national-socialisme). Le poids du modèle des invasions barbares, avec un déferlement imaginaire de peuples guerriers, a joué aussi un grand rôle. Le terme « Celte » ne peut, historiquement, s’appliquer qu’à un regroupement de communautés d’origines diverses, déjà métissées, entre le 6ème et le 1er siècle avant J.-C. Elles ont ensuite disparu, pour se fondre, avec d’autres peuplades comme les Aquitains ou les Belges, dans l’appellation générique de Gaulois, habitants de la Gaule, qui, eux, vont devenir une véritable civilisation.
Donc, pour J-L Brunaux, il n’y a pas de civilisation celtique.

France-Culture : le Salon noir du 25 novembre 2014 sur les Celtes : 
http://rf.proxycast.org/964562693019148289/10267-25.11.2014-ITEMA_20694272-0.mp3 

Un deuxième ouvrage vient compléter l’analyse de J-P Brunaux. Jean-Paul Demoule dans « Mais où sont passés les Indo-Européens ? » aux éditions du Seuil (2014), s’attaque à un autre mythe : celui des Indo-Européens. En fait, il s’agit du même mythe fondé sur les mêmes raisons idéologiques.

Extrait de la présentation de l’ouvrage :
http://www.seuil.com/livre-9782020296915.htm
 « Mais où sont passés les Indo-Européens ? On les a vus passer par ici, depuis les steppes de Russie, ou par là, depuis celles de Turquie. Certains les ont même vus venir du Grand Nord. Mais qui sont les Indo-Européens ? Nos ancêtres, en principe, à nous les Européens, un petit peuple conquérant qui, il y a des millénaires, aurait pris le contrôle de l'Europe et d'une partie de l'Asie jusqu'à l'Iran et l'Inde, partout où, aujourd'hui, on parle des langues indo-européennes (langues romanes comme le français, slaves comme le russe, germaniques comme l'allemand, et aussi indiennes, iraniennes, celtiques, baltes, sans compter l'arménien, l'albanais ou le grec). Et depuis que les Européens ont pris possession d'une grande partie du globe, c'est presque partout que l'on parle des langues indo-européennes - sauf là où règne l'arabe ou le chinois. Mais les Indo-Européens ont-ils vraiment existé ? Est-ce une vérité scientifique, ou au contraire un mythe d'origine, celui des Européens, qui les dispenserait de devoir emprunter le leur aux Juifs, la Bible ? Jean-Paul Demoule prétend dans ce livre iconoclaste s'attaquer à la racine du mythe, à sa construction obligée, à ses détournements aussi, comme la sinistre idéologie aryenne du nazisme, qui vit encore. Il montre que l'archéologie la plus moderne ne valide aucune des hypothèses proposées sur les routes de ces invasions présumées, pas plus que les données les plus récentes de la linguistique, de la biologie ou de la mythologie. Pour expliquer les ressemblances entre ces langues, d'autres modèles restent à construire, bien plus complexes, mais infiniment plus intéressants. »
Voir aussi ici : http://blog.assimil.com/entretien-avec-Jean-Paul-Demoule

France-Culture : le Salon noir du 11 novembre 2014
http://rf.proxycast.org/959367550645313536/10267-11.11.2014-ITEMA_20689393-0.mp3

Texte publié en 2002 et qui ne prend pas en compte l'avertissement ci-dessus

Les mots "Celtes", "gaulois", "galate"
L'appellation "Celtes" apparaît en premier chez Hécatée de Milet (vers 500 av JC) puis chez Hérodote (vers 450 av JC). Ce mot viendrait de l'indo-européen "keletos", rapide, ou "kel-kol", habitant, colon.
Le mot "
Galate" (" Ceux d'ailleurs " ou " Envahisseurs ") apparaît dans la littérature grecque en 279 av JC. "Galli" apparaît pour la première fois en 168 av JC dans les " Origines "de Caton l'Ancien (traduction latine de " Galates "). Au IIe siècle ap JC, Dion Cassius traduit Gaulois par Galates et Celtes par Germains (ce qui est évidemment une erreur, les Celtes ne sont pas des Germains, ce sont deux peuples distincts). " Galatie " reste le nom de la province d'Asie Mineure où les Celtes ont fondé un royaume.
Les termes de Gaulois et de Celtes sont au début synonymes. Puis les Romains réservent le premier terme seulement à une partie des Celtes (distinction géographique) qui sont fixés en Gaule cisalpine (Italie du Nord) et Gaule transalpine (au-delà des Alpes en se situant du côté de l'Italie, c'est-à-dire grossièrement la France d'aujourd'hui). César était conscient du caractère conventionnel de ces distinctions "Ceux que nous nommons Gaulois dans notre langue, se nomment Celtes dans la leur". Aujourd'hui, on admet généralement le terme de "Gaulois" pour les habitants de la Gaule à partir du IIIème siècle av JC. Pour les périodes précédentes et les autre zones géographiques on parle de "Celtes".
Pour voir tous les textes des auteurs anciens qui parlent des Celtes :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96221s
Conclusion : les Gaulois sont donc bien des Celtes, mais les Celtes ne sont pas des Germains.

L'HISTOIRE DES CELTES :

Les origines des Celtes demeurent obscures et toute la lumière n'est pas faite sur leur arrivée en occident. Aujourd'hui, deux théories s'affrontent, la théorie classique (celle des migrations) et une théorie plus récente qui laisse à penser que les Celtes pourraient être la population autochtone de l'Europe de l'Ouest.

La théorie des migrations des Celtes

     Une culture homogène apparaît sur les steppes d'Asie Centrale  au VIème millénaire av JC : le peuple de Kourgan de langue indo-européenne (pratique funéraire du tumulus). Ce peuple atteint l'Europe orientale vers 4000 av JC, puis migre vers l'Europe de l'Ouest à partir de 2500 av JC et remplace les populations autochtones, non indo-européennes (culture des vases campaniformes). Les Celtes auraient pénétré en Gaule vers 1200 av JC (à la fin de l'âge du bronze). Au début du Ier millénaire, vers 900 av JC, une nouvelle civilisation s'implante dans notre pays, celle du fer. Mais il faut attendre le Vème siècle av JC pour qu'on puisse affirmer avec certitude que les peuples établis en Gaule sont bien des Celtes.
A partir de l'entrée des ces Indo-Européens en Europe de l'Ouest, il est possible de distinguer cinq grandes périodes:

1.  Entre 1800 et 1200 avant JC : une civilisation protoceltique (âge du bronze ancien et moyen)
    
Durant cette période, il se forme une zone de peuplement qui, partant de l’Allemagne du sud, gagne une partie de l’Europe centrale et occidentale. La pratique funéraire de ces Proto-Celtes est le tumulus avec inhumation. Les tombes abritent les dépouilles des chefs parés de leurs armes en bronze, de bijoux en ambre et en or, de vaisselle en argent et en or. L'économie est à prépondérance pastorale.
NB : cette phase des "Proto-Celtes" est parfois contestée.

2. Entre 1200 et 900 avant JC : la civilisation des "
champs d'urnes" (âge du bronze final)
     Vers 1200 av JC, de nouvelles migrations ont lieu en France et en Espagne, de grands changements se produisent.        
     L'utilisation intensive du bronze va entraîner des mutations considérables dans la vie des Hommes,
des progrès décisifs sont accomplis :
-
dans la technique du bronze :  coulage dans des moules, martelage à chaud, durcissement par écrouissage  pour fabriquer des armes (couteaux et épées) beaucoup plus tranchantes que celles en pierre ou en os.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir

Musée de St Germain-en-Laye

Cet ensemble de cuirasses en bronze, découvertes à Marmesse (Haute-Marne) datant de la transition entre l'Age du bronze et du fer (IXème, VIIIème siècles av JC) est un ensemble unique en Europe. Ces cuirasses sont caractéristiques de l'armement défensif de prestige des riches guerriers au temps des premiers Celtes. Chaque cuirasse est composée de deux coques en feuille de bronze chaudronnée, rivetées sur l'un des côtés et fermées de l'autre par un système de crochets. 

- dans la technique de la céramique :  le potier parvient à obtenir, sans l’aide du tour, une régularité des parois, une finesse, un poli, un fini extraordinaires. L’art de la cuisson se perfectionne; après les fours creusés dans la terre, apparaissent les fours construits.
-
dans les techniques agricoles : le perfectionnement de la faucille, l'apparition du véhicule à roues, de l'araire et de la faux ont contribué à l’expansion agraire et à la sédentarisation.
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dans l'urbanisme de défense : c’est alors que se multiplient les "oppida", bourgades fortifiées situées sur les hauteurs, dans les îles lacustres, ou au milieu de marécages. Les origines de la plupart des refuges celtiques remontent à cette époque. Même les villes plongent leurs racines dans ces temps lointains. Les fouilles opérées à Strasbourg ont prouvé que les origines de la ville remontaient aux environ de 800 av JC.
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dans les échanges commerciaux : pour fabriquer le bronze il faut aller chercher l'étain (rare) et le cuivre très loin. L'étain vient d'Armorique ou de Grande-Bretagne, le cuivre vient des Alpes ou de l'Europe de l'Est. Des échanges importants vont donc voir le jour entre la Gaule et le monde méditerranéen (les Grecs et les Etrusques) avide de bronze. La recherche de l'ambre (qui vient de la Baltique et de la mer du Nord) et du sel (qui vient des sources salées d'Autriche) vont aussi contribuer à ces échanges.
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dans les rites funéraires : l
es Celtes rompent, pour un certain temps, avec l’usage du tumulus et le rite de l’inhumation, ils pratiquent l’incinération et la tombe plate, en pleine terre. Les corps des défunts sont brûlés, leurs cendres sont mises dans des urnes regroupées dans des cimetières collectifs hors des villages (plus tard, les Celtes reprendront l'usage des tumuli pour les chefs).
    
L'invasion des « champs d’urnes » présente une importance considérable pour notre pays, c’est là que se trouvent les racines du peuplement celte, de l’exploitation et de l’occupation du sol.

3. Entre 900 et 480 av JC : la période de hallstatt: le premier âge du fer
    
A la suite d’influences venues de l’est (invasions cimmériennes) et de la Méditerranée (commerce avec les Grecs et les Étrusques), la civilisation celtique s’implante en Europe occidentale : Allemagne du Sud, Tchécoslovaquie, Autriche, France de l’Est, Espagne, Grande-Bretagne.
Le fer est
un minerai beaucoup plus répandu et plus facile à exploiter que le cuivre et l'étain, il est aussi plus résistant et plus coupant. Le fer ne nécessitera donc pas de grands échanges commerciaux comme l'étain et le cuivre, mais l'utilisation du bronze perdurera.
     Du VIIIème au VIème siècle, les sites fortifiés se multiplient, ils sont commandés par une aristocratie qui s'enrichit en contrôlant les voies de passage des marchandises. De véritables cours princières se constituent, elles empruntent des modes de vie étrangers, par exemple la consommation du vin. La tombe de
Vix est un témoignage de cette époque fastueuse (tombe à char à quatre roues).
     Au cours de ce premier âge du fer, une grande variété de cultures régionales apparaissent, dérivées des civilisations périphériques de l’Illyrie et de l’Italie du Nord, et profondément imprégnées d’influences helléniques et étrusques. La Gaule fait désormais la plupart de ses échanges avec le monde méditerranéen.
Cette période est capitale pour l’évolution de la civilisation gauloise. En effet, les Celtes entrent dans l’histoire en créant une forme d’art
(apparition des torques à la fin de l'âge du fer), une civilisation qui leur est propre.
En savoir plus sur le village de Hallstatt, hier et aujourd'hui (3 pages).

4. Entre le Vème et le IIème siècle av JC : la période de la Tène (deuxième âge du fer)
     Au début du Vème siècle av JC, les forteresses princières de la période précédente sont abandonnées sans que l'on en connaisse vraiment les raisons. La population se concentre désormais dans les régions où se situent les relais commerciaux (Rhin, Champagne...). Les tribus, commandées par des chefs locaux, se font la guerre. De grandes fermes dominent le monde rural. Les chefs guerriers sont désormais enterrés dans de vastes nécropoles sur un char à deux roues accompagné des harnachement des chevaux. L'art de la Tène se caractérise par des épées de 80 cm de longueur, des frises végétales continues et l'adaptation de motifs d'origine méditerranéenne.


Carte à partir du Belin 6ème

     L'expansion maximale des Celtes se produit aux IVe et IIIe siècles avant notre ère. Vers 450 av JC, la Gaule est envahie à nouveau par des peuples venant de l'est et apportant des coutumes nouvelles, on peut parler ici de Celtes au sens propre du terme. Contrairement à ce que l'on avait pu penser, ces migrations ne prennent pas un caractère massif, les Celtes s'implantent par petits groupes et s'assimilent avec le peuplement d'origine. Ils sont attirés par les richesses agricoles et commerciales de l'Europe de l'Ouest, ils fuient leurs terres surpeuplées et un climat qui se dégrade (plus froid et plus humide). Les auteurs classiques parlent de ces Celtes comme de terribles barbares (féroces), montés torse nu (pour braver leurs ennemis) et casqués sur leurs petits chevaux, une longue épée à la main. Ils se répandent en Belgique, en Gaule, en Espagne et franchissent la Manche. Vers 390 av JC, les Gaulois de la tribu des Sénons (ou des Bituriges), commandés par Brennos, pénètrent en Italie du Nord et assiègent une ville étrusque : Clusium (Chiusi). Des ambassadeurs romains prennent parti contre les Celtes. Ces derniers lèvent le siège pour aller punir Rome de cette ingérence. Les deux armées se rencontrent à Allia, Brennos, fort de ses 60  000 hommes, inflige aux Romains (40 000 h) une cuisante défaite (-387). Les Gaulois pénètrent ensuite dans Rome qu'ils incendient, à l'exception du Capitole (épisode des oies du Capitole) qui résiste sept mois. Brennos accepte alors de quitter la ville en échange d'une rançon de mille livres d'or (épisode : "Malheur aux vaincus"). Mais une partie de ces guerriers se fixe en Italie du Nord (la Gaule Cisalpine). La vague celtique continue ses incursions; dans les régions danubiennes, les Illyriens sont écrasés. En 281 av JC, trois armées celtes pénètrent en Grèce, en Thrace et en Macédoine. Delphes est pillée en 279 av JC, mais l'hiver et la maladie obligent l'armée à se replier en Macédoine où leur chef (un autre Brennos) se suicide. Après avoir subi une défaite contre le Macédonien Antigone Gonatas, le reste de l'armée va s'installer en Asie Mineure et fonde la Galatie.
Le monde celtique n'a pas d'unité politique, mais on peut parler de civilisation celte : même langue, même mode de vie et de pensée, mêmes pratiques religieuses. Les chefs guerriers possèdent un cheval et une épée de fer plus solide et plus maniable que celle de bronze.

5. La Gaule à la veille de la conquête romaine
     Au IIème siècle av JC, les tribus gauloises deviennent de véritables Etats indépendants, les "civitates" (les cités), avec leur gouvernement, leur administration et leurs institutions religieuses, les
oppida sont à leur apogée. Ces cités sont elles-mêmes divisées en pagi ou "pays".
La Gaule compte alors peut-être 10 à 15 millions d'habitants, on l'appelle parfois "chevelue*" car elle est encore couverte par de nombreuses forêts (ce qui est en grande partie faux car elle est déjà largement cultivée). La Gaule est divisée en quatre régions qui diffèrent par la langue, par les lois et les coutumes : l'Aquitaine, la Celtique, la Belgique et la Narbonnaise.
Voir la carte.

* La "Gaule chevelue" : c'est César qui emploie cette expression
(« Gallia comata ») dans son Commentaire sur la Guerre des Gaules pour désigner la Gaule non encore soumise à Rome, c'est-à-dire les Trois Gaules (l'Aquitaine, la Celtique, la Belgique). Certains pensent que le mot "chevelue" fait référence à la longueur des cheveux portés par les Gaulois (ce qui est aussi en grande partie inexact) ou au caractère non- civilisé de cette Gaule, d'après César.

La Narbonnaise : elle est conquise par les Romains (d'où son appellation : la Province, ce qui donnera le mot "Provence") dès 121 av JC. Mais cette région avait déjà subi une forte influence grecque par la fondation de Phocée (Marseille) vers 600 av JC.
L'Aquitaine : les Celtes ont dû occuper cette région vers le VIème siècle av JC. A partir du IIème siècle av JC, les Ibériques s'y implantent également. Parmi la vingtaine de peuples on trouve les Convènes, les Ausques, les Tarbelles.
La Celtique : c'est la région la plus vaste, les peuples, souvent groupés en fédérations, sont puissants : les Bituriges (Avaricum = Bourges), les Carnutes occupent le centre supposé de la Gaule (Genabum = Orléans et Autricum = Chartres), les Parisii  contrôlent les confluents de l'Oise et de la Seine (Lutèce = Paris), les Sénons (Agedincum = Sens) font une expédition à Rome avec leur chef Brennos , une partie des Lingons (Andematunum = Langres) s'installe dans la plaine du Pô, les Helvètes occupent la Suisse, les Eduens contrôlent une position stratégique, ce qui leur donne de la puissance (Cabilonum =Chalon-sur-Saône, Matisco =Mâcon, Bibracte = centre industriel implanté sur le mont Beuvray), les Arvernes ont créé une véritable confédération dans la Massif Central, leur dernier chef, Vercingétorix, défend avec succès sa capitale Gergovie contre les Romains. Les Celtes pénétent assez tardivement en Bretagne: les Vénètes s'enrichissent en allant faire le commerce de l'étain en Cornouailles.
La Belgique : elle s'étend jusqu'au Rhin, le fleuve servant de frontière entre Celtes et Germains. Les principaux peuples : les Véliocasses (Rotomagus = Rouen), les Ambiens (Samarobriva = Amiens), les Rèmes occupent la Champagne.
Malgré la diversité des peuples qui habitent la Gaule, il existe entre eux une véritable unité culturelle.
Les Gaulois sont de bons agriculteurs, ils cultivent le blé, l'orge et le millet, ils améliorent leurs terre par le chaulage et le fumier parfois mélangé à des cendres. Ils  sont aussi de grands éleveurs, ils élèvent des porcs pour en consommer la viande (ils mangent très peu de sangliers). Ils savent conserver la viande en la salant ou la fumant et sont d'excellents charcutiers. Les Gaulois sont de gros mangeurs et de grands buveurs, ils boivent beaucoup de bière et sont grands amateurs de vin. La pêche fournit un complément de nourriture.
Les Gaulois sont aussi de très bon artisans, ils construisent des chars à quatre roues, inventent la moissonneuse, construisent des navires robustes. Ils sont également les inventeurs du tonneau, plus léger et plus pratique que les amphores, et du savon (en mélangeant de la graisse et de la soude).

6. A partir du IIème siècle avant JC : la domination romaine.
     Les armées romaines s’emparent successivement du
Picenum, de la Gaule Cisalpine et transalpine, de l’Espagne, de la Gaule, de la péninsule balkanique, de la Grande-Bretagne. Le seul témoin du vaste empire celtique reste l’Irlande qui ne sera pas soumise par les Romains. Les Celtes essuyèrent ensuite d'autres défaites infligées par les Germains. Après l'effondrement de l'Empire romain et sous la pression des populations germaniques, ils ne parvinrent à conserver leurs traditions culturelles que dans quelques zones périphériques de l'Europe tels, l'Irlande, le Pays de Galles, l'Ecosse, la Cornouaille et la Bretagne.

La théorie des Celtes autochtones de l'Europe de l'Ouest
(d'après Sciences et Avenir, avril 2002)

     La théorie des migrations s'appuie sur les caractères communs de la langue et des croyances (travaux de G. Dumézil) de la famille "indo-européenne". Mais certains chercheurs (ex : John Brough) ont remis en question les travaux de Dumézil en montrant que les valeurs originales des Indo-Européens se retrouvaient aussi dans la bible qui appartient au fonds sémitique. De plus, des données archéologiques dans les régions danubiennes remettent en question la thèse des migrations qui n'a laissé aucune trace. La théorie des migrations n'arrive pas à expliquer, non plus, la présence précoce, à l'ouest, de peuples celtiques : les Celtes d'Armorique et les Celtibères. Patrice Brun pense qu'il n'y a aucune rupture culturelle dans l'aire géographique des Celtes en Europe, les variations de rites funéraires (inhumation-incinération) ne témoignent pas de remplacement de populations, mais uniquement d'évolutions culturelles locales. En fait, les Celtes seraient apparus beaucoup plus tôt qu'on le pensait, vers 2500 av JC. Dans cette hypothèse, la culture des vases campaniformes, qui couvre toute l'Europe occidentale au IIIème millénaire av JC, pourrait être d'origine indo-européenne et s'inscrire dans la phase des Proto-Celtes. Ainsi la culture des mégalithes (Carnac, Stonehenge) aurait une origine celte et Obélix, du fait, deviendrait moins anachronique avec ses menhirs.
     Colin Renfrew, de l'université de Cambridge, pense qu'il y avait bien un foyer indo-européen, mais il aurait été situé à l'est de la Turquie, à l'époque néolithique, au IXème millénaire av JC. Au contact du croissant fertile et de l'invention de l'agriculture, ce foyer se serait développé puis étendu lentement et progressivement. Vers 7000 av JC, ces peuples auraient atteint l'Europe en assimilant ou déplaçant vers l'ouest les peuples non-européens encore prédateurs. Dans cette hypothèse, l'extension des langues indo-européennes suivrait exactement celle de l'agriculture : 6000 av JC dans l'ouest méditerranéen, 5400 en Europe centrale, 3000 en Europe occidentale. Les langues celtiques se seraient donc développées en même temps, et au même endroit que la culture des vases campaniformes, ce qui rejoint la théorie de P. Brun.

Les Indo-Européens, nos ancêtres?
(Résumé de la conférence de Jean-Jacques Tur aux Rendez-vous de l'Histoire de Blois - 2008)

    Cette conférence s'appuie principalement sur les travaux de Georges Dumézil et sur sa conviction qu'un même peuple serait à l'origine du peuplement du continent européen et de l'Inde : les Indo-Européens. Toutefois, on n'a aucune preuve archéologique que ce peuple ait vraiment existé et il n'y a pas de race indo-européenne. On admet cependant qu'il y a eu un peuple (entre 10 000 et 6000 ans) qui parlait une langue qui est à l'origine de presque toutes des langues parlées dans l'espace européen et indien aujourd'hui. En effet, toutes ces langues présentent dans leur grammaire et leur vocabulaire de telles ressemblances qu'on ne peut l'expliquer que par une origine commune. Ce peuple Indo-Européen, localisé peut-être dans l'Ukraine actuelle, aurait accompli, pour des raisons inconnues et à des époques différentes, des vagues de migrations dans toutes les directions en imposant sa langue aux peuples qu'il aurait vaincus : les Pré-Indo-Européens.

1. Les Pré-Indo-Européens
- les peuples qui occupaient notre territoire (ce serait eux qui auraient construit les mégalithes)
- les peuples arctiques (Lapons)
- Les Crétois (
la civilisations minoenne)
- les Ligures
- les Etrusques
- les Ibères
- les Basques

2. La communauté indo-européenne
- les trois fonctions engendrent les trois devoirs :
          . sacerdotale (les oratores) : le respect de la vérité
          . guerrière (les bellatores) : la justice distributive
          . productrice (les laboratores) : la générosité
          Ces trois groupes sont fondés sur la naissance, y compris pour la fonction sacerdotale.
- les quatre cercles de l'appartenance sociale :
           . la famille élargie
           . le clan
           . la tribu (plusieurs centaines ou milliers d'individus)
           . la nation
- la religion
          . polythéiste et païenne (religion de paysans)
          . tolérante (pas de dogmes)
          . religion des œuvres (et non de la foi) : faire des sacrifices pour que les dieux soient contents
          . religion politique : des chefs et non des prêtres
          . la superstition, la magie et la sorcellerie sont réprimées.
- l'univers des dieux
          . croyance en un ciel-père (DYEW-PHTER) et une terre-mère (Cybèle, Gaïa...)
          . les dieux sont souverains et veillent sur l'ordre du monde
          . l'univers est le siège de combats incessants entre dieux et démons
          . dans l'univers, tout est vivant: les sacrifices sont donc indispensables
-les institutions politico-militaires
          . le droit n'est pas censé évoluer
          . le mariage se présente sous trois formes : religieuse, libre choix, achat
          . le chef de famille a une autorité totale et incontrôlée sur les siens
          . la guerre est un état normal : la victoire consiste à "enfoncer la résistance" et non à détruire l'adversaire

3. Les origines probables des Indo-Européens
          . les données de l'archéologie et de l'histoire sont absentes
          . les données légendaires et mythiques : Ultima Thulé et les Hyperboréens

4. Les huit grandes vagues des Indo-Européens
          . les Aryens : partis de la steppe pontique il y a environ 4000 ans vers l'Inde dont ils détruisent les populations en  
            place (naissance de l'hindouisme)
          . les Mèdes et les Perses
          . les Grecs (Mycéniens)
          . Les Hittites en Anatolie
          . les Italiotes
          . Les Celtes : du VIème siècle av JC au IIIème siècle av JC, ils s'installent en Europe occidentale (Gaule, Italie du
            nord, Espagne -Celtibères- ... repartent vers L'Asie-Mineure -Galates- ...)
          . Les Germains : Europe rhénane, Angleterre, Scandinavie, Islande (Vikings)
          . les Slaves (trois groupes)

5. Les peuples Post-Indo-Européens¨
          . les Finnois
          . les Magyars
          . les Arabes
          . les Turcs
          . des peuples dispersés : Juifs...

Résumé de la page :
     Aujourd'hui Encore , on ne connaît pas avec certitude quand et comment les Celtes (des Indo-Européens) sont venus s'installer en Europe de l'Ouest. Deux théories s'affrontent, la théorie classique est celle des migrations. Les Celtes seraient venus par vagues successives d'Europe orientale où ils se seraient fixés vers 4000 av JC. Ils auraient atteint l'Europe centrale, puis occidentale au 2ème millénaire av JC. Les Celtes seraient arrivés en Gaule  vers 1200 av JC. La seule certitude que nous ayons, c'est qu'au Vème siècle av JC la  Gaule est bien peuplée de Celtes.
On a l'habitude de distinguer trois périodes successives dans la civilisation celte :
-
Entre 1200 et 900 avant JC, une civilisation appelée les "champs d'urnes", à l'âge du bronze final (incinération des morts, naissance des oppida, grands progrès techniques)
-
Entre 900 et 480 av JC : la période de
Hallstatt, au premier âge du fer (période fastueuse des principautés guerrières)
- Entre le Vème et le IIème siècle av JC :
la période de la Tène, au deuxième âge du fer
(période d'extension maximale des Celtes, certains s'installent dans la plaine du Pô, apogée des oppida)
A partir du IIème siècle avant JC commence la domination romaine et la fin progressive de la civilisation proprement celte.
La théorie la plus récente pense que les Celtes seraient arrivés dans notre pays beaucoup plus tôt que le dit la thèse des migrations, ce sont eux qui auraient érigé les mégalithes.

- Bien prendre en compte l'avertissement en haut de page sur la véritable existence de la civilisation celte et celle des Indo-européens.

 L'histoire des Celtes      Voir la chronologie
Les G A U L O I S - 14 pages L'histoire des Celtes La religion des Gaulois La religion gallo-romaine La mythologie
L'art celte L'art gallo-romain La femme gauloise Les langues celtes Sacrifices humains

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