La statuaire grecque

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LA STATUAIRE GRECQUE - Généralités
(
Isabelle Didierjean, professeur agrégé de Lettres classiques)
Autres pages : Les guerriers de Riace - L’Apoxyomène de Croatie - Les têtes de Porticello

REPERES HISTORIQUES

- 3000 /- 2000 : période du bronze ancien : civilisations  helladique (en Grèce continentale), cycladique (archipel des Cyclades) et minoenne (en Crète) ;

- 2000 / - 1600 : période du bronze moyen : les premiers palais ;

- 1600 / - 1100 : période du bronze récent : période des seconds palais ;

- 1200 / - 800 : siècles obscurs (absence de tout texte écrit) ;

- VIII° siècle : l’Iliade et l’Odyssée (poèmes épiques attribués à Homère) ;

- VIII°/-VI° siècles : période ARCHAÏQUE : naissance des cités, élaboration d’une pensée rationnelle ; des constitutions sont rédigées par des législateurs (par exemple Solon à Athènes) ;

- V° / -IV° siècles : période CLASSIQUE : âge d’or des cités grecques ;

            - 429 / - 479 : les guerres médiques (contre les Perses) permettent, après la victoire de Salamine, l’apogée d’Athènes. Périclès fait reconstruire les temples et les autels de l’Acropole détruits par les Perses : le Parthénon, l’Erechthéion etc… Architectes les plus importants : Mnésiclès, Callieratès, Ictinos. Sculpteur : Phidias.

            - 443 / - 429 : guerre du Péloponnèse : Sparte contre Athènes. Le IV° siècle voit l’affrontement des cités grecques entre elles.

- fin IV° siècle / - fin I° siècle : période HELLENISTIQUE.
 

I/ LA STATUAIRE CYCLADIQUE

             
On connaît peu de choses de la civilisation cycladique (Délos, Paros, Naxos…) en l’absence d’écriture. Elle nous a laissé des peintures murales et des statuettes, d’abord en forme de violon, puis de forme humaine stylisée, puis enfin de forme humaine (- 3200/ -2800). Les carrières des îles cycladiques fournissent le marbre.

 

 

 

 

 

 

 



Harpiste, provenant de Kéros (2800 – 2300 av. J.C.)
 

II/ LA STATUAIRE ARCHAÏQUE (-700/ - 480)

             Après des statuettes en bois, vénérées car représentant des divinités et depuis longtemps disparues (les xoana), apparaissent, au milieu du VII° siècle, des statues en marbre, grandeur nature ou même plus grandes. C’est à ce moment qu’apparaissent deux nouveaux types de sculpture : le kouros et la korè (ou couros et corè).

            Le kouros est un jeune homme nu représenté debout, les bras le long du corps, la jambe gauche légèrement avancée. Cette attitude montre l’influence des modèles égyptiens ; on voit également cette influence dans les yeux en amande, le léger sourire etc… L’attitude raide garde l’apparence rectiligne du bloc de marbre dans lequel le personnage a été sculpté. Ce sont des athlètes qui servent de modèle. Au début, les muscles et les articulations sont simplement dessinés, puis modelés. Les statues deviennent de plus en plus réalistes.

            La korè est habillée, drapée, les jambes jointes ou la jambe gauche légèrement avancée ; parfois elle est assise. Elle porte une tunique et un manteau ; elle tient généralement une offrande dans la main droite, tandis que de la gauche, elle relève son vêtement sur la cuisse. Pour le reste, les caractéristiques sont les mêmes que pour le kouros. D’une région à l’autre, les différences sont grandes.

            Ex : Cléobis et Biton à Delphes sont massifs et sévères (-480 / -338).  Le Moschophore (environ – 560) à Athènes a le léger sourire propre à l’art archaïque et la chevelure est finement sculptée.

 Le Moschophore (environ – 560) (cliquez sur la photo pour l'agrandir)

 



Cléobis et Biton (début du VI° siècle av.J.C.)

 Le Moschophore (environ – 560)

III/ LA STATUAIRE CLASSIQUE ( - 480 / -338)

            Le passage d’une période à l’autre, d’un style à l’autre, ne se fait pas brutalement mais sur une certaine durée : les deux styles coexistent , les transformations se font par étapes et certaines œuvres ont des caractéristiques des deux styles. Ainsi l’éphèbe de Critias est une étape importante par rapport aux kouroi archaïques. Le léger balancement des épaules et des hanches annonce le déhanchement classique. Le sourire archaïque est presque totalement absent et annonce le style sévère ( - 480 / - 450) qui suit les guerres médiques. Les frontons et les métopes du temple de Zeus à Olympie et celles du temple dédié à Athéna sur l’Acropole, le Parthénon, sont un bon exemple des débuts de l’art classique : Myron, Phidias, Polyclète d’Argos.

            Le mouvement est privilégié, jusqu’au déséquilibre, mais toujours dans l’élégance. Les statues sont moins imposantes que les statues archaïques, plus proches de l’homme et, en même temps, elles expriment l’idéal de la beauté grecque : nez droit dans le prolongement du front (le « profil grec »), les lèvres finement ourlées, très légèrement gonfles, les pommettes hautes etc… Les détails anatomiques sont précis et réalistes (cf. veines du bras, orteils crispés de l’Aurige de Delphes qui, malgré des traits archaïsants, est un très bel exemple de statue classique). Autres exemples : statue de Poséidon de l’Artémision (- 460 / - 450), l’éphèbe de Marathon (- 350 / - 325).

Sculpteurs du IV° siècle : Praxitèle d’Athènes, Scopas de Paros, Lysippe de Sicyone…


L’aurige de Delphes  (475 av.J.C.)  

 

IV/ LA STATUAIRE HELLENISTIQUE ( - 338 / - 30)

             Elle se caractérise par la recherche d’un effet théâtral et diffère considérablement de la sobriété et de la sérénité antérieures. Le réalisme s’accroît. Ex : la Vénus de Milo, Laocoon (étouffé avec ses deux fils par des serpents) etc…

            Beaucoup d’œuvres grecques nous sont parvenues grâce à leur copie romaine : les Romains se sont pris de passion pour la sculpture grecque et, avant de produire des œuvres originales, ont imité les statues grecques ou ont emporté les originaux à Rome. C’est pour cette raison que beaucoup de bronzes ont disparu  dans la mer au cours de naufrages. Certains d’entre eux ont pu être retrouvés par des plongeurs.

            A l’époque hellénistique, les centres de création sont dispersés (Pergame, Alexandrie, Rhodes … ), autonomes et très actifs. Le répertoire s’élargit ; on ose aborder le laid, le sensuel.

 

 



Laocoon et ses fils, attaqués par des serpents envoyés par Apollon (50 av. J.C.)
 

Rappel : les différents types de sculpture :

bas-relief  

                          haut-relief                  

  statue

(se détache faiblement)

 (se détache fortement de la paroi)       

(se détache complètement de la paroi)

Isabelle Didierjean, professeur agrégé de lettres classiques au collège public Jeanne d'Arc - Orléans.

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