Byzance
Byzance, Constantinople, Istanbul, trois appellations pour une même ville - 48 pages (avec le musée)

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Ces trois noms successifs sont le témoignage du passé prestigieux de cette ville et des civilisations successives qu'elle a connues. La position stratégique de la ville, la seule à cheval sur deux continents, explique le fait qu'elle ait été âprement convoitée.

Belin 5ème

- Une fondation grecque. En 658 av JC, des colons grecs de Mégare se fixèrent sur ce site privilégié, entre la Marmara et la Corne d'Or, face au débouché du Bosphore. Selon la légende, c'est le roi Byzas qui fonda la ville après avoir consulté l'oracle de Delphes. La ville, appelée "Byzantion", protégée par Rhéa et Apollon, prospéra rapidement grâce au commerce et à son rôle d'escale des routes maritimes de la mer Noire. Un groupe de colons grecs venus d'Argos introduisit le culte d'Héra dans la ville. Mais la cité, aux confins septentrionaux du monde grec et à la limite du monde barbare, excitait les convoitises de ses voisins : les Grecs, les Perses, les Macédoniens s'en emparèrent tour à tour. La ville retrouva son indépendance avec Alexandre le Grand qui lui laissa son autonomie et la fit entrer dans le monde hellénistique.
En 279 av JC, l'invasion des Galates (Gaulois) la mit dans une position délicate. Elle dut racheter sa liberté en versant un très lourd tribut aux barbares qui ne se retirèrent pas pour autant très loin, ils se fixèrent sur la rive orientale de la Corne d'Or, face aux remparts (l'actuel quartier Galata).
Menacée de toutes parts, la ville demanda la protection de Pergame alliée aux Romains (202 av JC).
- La domination romaine. Byzance subit le sort de Pergame et des autre royaumes hellénistiques, elle tomba sous la domination des Romains en 146 av JC. Septime Sévère décida d'y construire de beaux monuments, l'entoura d'un nouveau rempart et lui donna le nom d'Augusta Antonina en l'honneur de son fils Antonius (Caracalla).
En 324 ap JC, la ville accueillit Licinuis à qui Constantin disputait le gouvernement de l'Empire. Ayant vaincu Licinuis, Constantin décida d'établir la capitale de l'Empire romain dans cette ville qu'il nomma "
Nouvelle Rome" (la postérité lui préféra le nom de Constantinople, la ville de Constantin).
- La capitale de l'Empire romain. Constantin entreprit de gros travaux pour sa nouvelle capitale qui fut inaugurée en 330. Il fit enclore les 7 collines de la ville (comme à Rome) par une muraille, construisit un palais, un forum et la première basilique, Sainte Sophie. Les empereurs qui suivirent continuèrent les travaux, Valens (364-378) fit édifier un aqueduc, Théodose (379-395) une colonne, la porte dorée, Théodose II renforça les murailles pour défendre la ville contre Attila.
En savoir plus sur les remparts de Théodose II.
- La capitale de l'Empire byzantin. L'empereur Théodose, à la veille de sa mort, avait partagé l'Empire romain en deux (Orient et Occident) pour ses deux fils. En 476, les Ostrogoths s'emparent de Rome, c'était la fin de l'Empire romain d'Occident (et de l'Antiquité). L'Empire romain d'Orient se retrouva seul héritier de l'Empire romain mais il prendra bientôt le nom d'Empire byzantin. La ville de Constantinople divisée en factions, convoitée par les Barbares connut des troubles graves, Ste Sophie fut détruite en 552. Justinien (527-565) réussit à s'imposer, il ramena la paix et reconstitua un Empire sur presque tout le bassin méditerranéen, Ste Sophie fut reconstruite ainsi que de nombreux autres bâtiments, c'est le premier âge d'or de l'Empire byzantin (Constantinople comptait alors 1 million d'habitants). Voir la carte de l'Empire byzantin.
Après une nouvelle période de troubles intérieurs (la querelle des images : 726-843) et d'attaques extérieures qui réduisirent l'Empire, Constantinople connut son deuxième âge d'or avec les Empereurs Macédoniens à la fin du Xème siècle. De nombreux marchands occidentaux vinrent s'installer au sud de la Corne d'Or : Latins, Vénitiens, Génois, Pisans... Au XIème siècle, Constantinople était la ville la plus raffinée d'occident malgré le schisme religieux de 1054 (séparation entre Chrétiens : Catholiques et Orthodoxes). 
- La chute de l'Empire romain d'Orient (byzantin). Pour stopper l'avancée des Seldjoukides, Constantinople fit appel aux croisés leur promettant en contre partie des avantages commerciaux. Mais les croisés (quatrième croisade de 1204) se montrèrent félons et mirent à sac la ville, ils y installèrent un empereur latin. Michel VIII réussit cependant à reprendre la ville en 1261 et fonda la dynastie des Paléologues. Les attaques continuaient cependant contre l'Empire byzantin qui s'amenuisait peu à peu, les Ottomans soumirent l'Anatolie puis la Thrace avant d'atteindre le Bosphore en 1393. En 1402, Constantinople fut assiégée une première fois et provisoirement sauvée par Tamerlan, Turco-Mongol, qui infligea une défaite au sultan Beyazit Ier à Ankara.
Le 5 avril 1453 le sultan ottoman Mehmet II attaqua à nouveau la ville avec 80 000 assaillants (contre 20 000 défenseurs). L'assaut final fut donné dans la nuit du 28 au 29 mai 1453, les Ottomans attaquèrent sur tous les fronts après avoir construit un pont à l'aide de tonneaux sur la Corne d'Or. Malgré une farouche résistance, les assaillants ouvrirent une brèche près de la porte d'Edirne. Le pillage de la ville dura trois jours, l'empereur mourut en combattant. 
Voir le siège de la ville : Illustration1   Illustration2
Mehmet II décida de relever aussitôt la ville en la repeuplant et en laissant aux vaincus une certaine liberté et tolérance religieuse (la ville ne comptait plus que 35 000 habitants). Pour bien marquer le changement de civilisation la ville prit un nouveau nom :
Istanbul (de Stamboul). Le quartier génois de Galata devint une véritable ville latine et des colonies étrangères purent s'installer dans la ville même, notamment sous le règne de Soliman le Magnifique (1520-1566). La ville retrouva une grande prospérité et s'affirma à nouveau comme un foyer artistique et culturel.

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